La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LE :\IOUVE111ENT SOCIAL EN FRANCE ET A L 1ÉTRANGER 751 guerre cont1•e la f1·ance impossible. Que Bismark essaye de déchaîner la guerre contre la France républicaine, contre la France so..:ialiste, contra la Frnnce révolutionnai1·e pour aeindre ce phare lumineux qui éclaire le monde, et il verra se lever et s'or~aniser des millierg et des milliers d'italiens, nouveaux ga!'ibaldien-'l, qu.i viendront s'enl·ôler sous le drapeau français, non pom• défendre la France monarchiste, ferryste, capitaliste, môme patriotique; mais pour défendre la Frnnce républicaine, ouvrière, el surtout socialiste, révolutionnaire. Nos relations nous permettent de dire que quelques centaines de milliers d'italiens viendraient au secours de la Fi·ance socialiste (car Bismarck ne vise qne cette dernière) et que peuple italien serait debout pour protester contre les monstrueux actes de la diplomatie crispienne de son gouvernement, de la politique bi~markienne et de lei triple alliance. Voilà. le premie1· rèsultat, la première œuvre du « Mouvement Fédéraliste » qui se fait sous l'inspirntion de la Fédération Universelle des Peuples, <lela Ligue Franco-Italienne et du puissant parti Mazzinien. Nous y parviendrons en groupant les verilablos pl.trio tes . français qui veulent, en évitant une guerre, éviter do nouveaux désastres, de nouveaux malheurs à la France; en groupant les patriote~ italiens qui ne veulent pas se déshonorer en combattant contre la France, qui a toujours été pou1·eux une nation hospitallère, amie, et qui en même temps ne veulent pas causer de nouvelles rltlnes à leur pays, ni se mettre à la mer<'! de l'Allemagne et de l'Autriche; en groupant. les républicains italiens qui veulent renve1·sea la monarchie italienne pour lui ~ubstituer une république, enfin en unissant, surtout tous les socialistes, tous les révolutionn1,1ireset tous les internationalistes. ANGLETERRE ANTI-CO:NSERVATISME. - L'on prête à la rcinC' d'Angloteree le p1·ojet d'aller visiter l'Irlande, do tenir uu cfrawing-room au ch,lteau de Dublin et cleconfier la vice-royauté at1 prince de C:alles,qui d0puis longtemps cai·esse l'espérance de pouYoir ainsi améliorer les relations 011tre la Grande-Bretagne et l'Irlande. Des fètos officielles seront <lonnéC'sà Dublin. L'ambassadeur de Franco y sera in Yi lé. Maisque dirait le gonYeenemout anglais Ki celui-ci s'abstenait d'y prendre part, sous prétexte que les frlandais qui ne sont pas encore résignés à la conquéle forment en Angleterre uu parti juste, énergique et important. Ilfy verrait une inconvena11cedoublée ,l'une impertinence. C'est prècisém0nt ce que nous voyons clans l'une des raisons par lesquellës le ministère a répondu aux questions qu'on lui posait sur l'absence « non concertée >> de Lord Lytton à l'inauguration de l'Exposition. Après avoir affirmé la maladie de lord Lytton qui, tout en pom·a11tsupport01' les fatigues d'une traversée, éprouvait d'une façon urgente le besoin de voir son médecin anglais, l'orateur du gouvernement a ajouté : « Les Français étant divisés sur la Révolution de 1889, nous ne pouvions prendre parti. >) L'explication est pire que le fait, et nous n'aurions pas parlé <le l'absurdité ùe pareilles insolenoes, si nous n'avions tenu à leur opposer les paroles par lesquelles le lord-Maire de Londres ter111i-

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