740 LA f\EVVE SOCIALISTE aux ministres rle Belgrade - moins douloureuses, pourtant, que celles proYoquées par les menaces de la presse française. Et maintenant que ya faire le gouYernement? Pour le lecteur bienYeillant qui a bien youlu me suine jusqu·ici, il doit êt,·e éYitlent, que nos intérêts politiques gén(•raux, et lînflucnce française ont été sam·egardés pm' l'acte des radicaux serbes, dépossédant une Compagnie qui n'arnit de français que le nom. A priori, donc, nous ne saurions nous élever contre une mesure p:crnYernementalepareille. Mais le-; inté1·èts des particuliers français engagés dans l'affairc 1lnchemin de fer?- D'abord, nous n'admettons (1) pas qu'on sacrifie les inté1·êts politiques g(•néraux cle la France aux intérêts de particuliers ayant consacré leurs capitaux à érlifier une enti•eprise contre lem' pays. En Yérité, tlepuis c1uancl la France doit-elle aide et pl'otection a ceux cle ses enfants qui Yont au loin combattt·e son influence, amoin,li·ir son commp1•ce,1·uiner son prestig-<'et sa g-ranclrul'? Esf,-r,rque le gouYcmemrnt clr la RPpubliqne françaisr ya se fai1·e, en Europe, le chc>Yalierservant des écumeurs cosmopolites qui mettent les gouyernemcnts amis flans l'oblig-ation cle les chasser, pour s'affranchir de la tutelle ,le M. de Bismal'ck? Parbleu! Ils sont bien yenus, les IIentsch, les nibert, les Vitalis, les Finet - allemancls, belges levantins - tous les sans-patrie de l'Internationale jaune - à se réclamer ,le la France et à solliciter cl'elle la pro• kclion de leurs capitaux; ils ont si fidèlement protégé les centaines de millions dont on leur ayait confié la garde, Pux.! Mais le gouyerncment <le Belg1·acle, il faut, le <lire bien haut, ne les a pas spoliés. Il leur a retiré une concession dont ils aYaient fait abus : voilà tout. Ce faisant, le gouvemement serbe n'est sorti ni clc la légalité ni de l'équité! Que le gom·crnement français n'imite-t-il le gouvernement serbe IMais chez nous, les hornmes d'i~tat clela Répu- !Jlique française professent des théol'ies sociales si sing-uliéres, que l'acte tout simple de mettre à la porte les concessionnaires d'un • monopole dangereux pour la sécurité du pays paraît a prim·i une cho'e monstrueuse. Nos gom·ernants traitent les financiers ayec une (1) Je 011 daigne pas n1'a1'rétel' au fait, que les capitaux .:ingagés dans l'affaire des chemins de fer serbes ne sont point français, la Laender Bank, la Sociétê Vitalis et autres étant des capitalistes de nationalité anti-fran~aise. Ames yeux, la question est plus haute: ces capitaux ont servi pour une œuvre préjudiciable aux intérêts de la France, cela suffit. Ils sont indignes, seraient--ils français, de retenir un seul in11lant l'attention du gouvernement. C'est pourquoi dans ces conclusions, je nïnvoque pas le caractère étrange,· <lela vlupart des réclamants - pas plus que Je n'examine les conditions, très ~éricuses, de rachat ou d'indemnité dans lesquelles le retrait s'est effectué,
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