LA VÉHITÉ SUI\ LES CHEl\IINS DE FER RERBES 739 française - grotesque ou ped1cle, selon que celui qui écrivait avait conscience ou non de la nature des intérêts qu'il dêfendait. Le Temps, par exemple, ne se liYrait pas aux lamentations ridicules de la Cocardé. Les lignes sobres qu'il publiait n'en étaient que plus Yenimeuses: Le gouvernement serbe n'a pas suspendu l'exécution de la mesure qu'il avait décrétée contre la Compagnie des chemins de fer. A peine celte fo1·malité était-elle accomplie, qu'avec une hâte sans précédent, lol'squ'il s'ag-it d'aussi graves intérêts, signification était faite au représentant de l'exploil:üion, et la rep1·ises'opérait à midi sonnant, malgré les protestation~ de co dernier. La cho~e est faite; il reste maintenant à fixer les responsabilités et à iodemaiser, s'il y a lieu, les intérêts lésés. Le gouvernement ~erbe ne s'imagine npp:l.l'emment pas qu'il soit au-dessous du droit commun en cette matière et que le divorce avec la compagnie d'tixploitatio11 puisse ôt1·e soustl'ait à l'appréciation des tl'ibunaux compétents comme l'a été ctlui de l'ex-1·oi avec la reine Nathalie,, Si la régie directe Cl'Oyaitpouvoir traite,· les contrats des employés comme l'état serbe a fait de l'acte de concession de la compagnie, il faut que le gouvernement sache bien] qu'il ne compromettrait pas seulement l'exploitation do ses lignes, mais qu'il serait exposé i\ une sé1·ie de revendications. La question ,le l'intenention française est formellement posée clans cette dct·niPrC'phrase. Pendant llll<' la pr<'sso <le notre pays souleYait ainsi l'opinion contre !(, gouvernement set·bc, _que fai ait la presse austro-allemancle? Elle 1·iait sous cape de notre emballement, aclmirant l'ignorance- ou la vénalité - <lenosjournalistes - et se taisait. A quoi bon protc>s(C'r! La presse feançaise se chargeait <l'attacher le g1·elot. N'était-il pas cent fois préiérable que la France prit lînitiati,·e d'une inte1·rention diplomatique et préparùt elle-même l'opinion à cet effet? Tout au plus s'est-on borné, en Autriche, en Hongrie et en Allemagne à 1·e1wo<luireles attaques des journaux français contre le go1rrcmement <leBelgrade et à les déclaeer fondées - en nianL, naturellement, qu'aucun de ces pays soit intervenu poue faire prendre la mesure de déchéance. Mais l'icléc <l'une intervention t'uropt'Clllle en Set·bie, pout' reprendre les chemins de fer a· l'arlministrat.ion tlc l'Etat, n'est pas tombé€' dans l'oreille d'un sourd. D(•jà, la Correspondance de l'Est, dont on connait les attaches officieuses, n. annoncé que le comte Kalnoky ayait envoyé à Belgrade une note énergique, dans laquelle il se plaint que la Serbie soit un foyer d'agitations anti-autrichiennes, que le gouYernement serbe actuel soit un gouvernement do parti, ajoutant que si cet état de choses continue, l'Autriche devra pren<lre des mesures efficaces, pour réprimer les menées de ses ennemis. Ces menaces ont <lû inspirer de bien mélancoliques réflexions
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