La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

738 LA REVUE SOCIALISTE Dn côté des boulangistes, naturellement, l'hésitation de M. Spnller lui est imputée à Cl'Îrne, et clans son langage habituel, la Presse. organe officiel rlu brav'pfnéral, rend compte de la séance de la Chambre, de la façon suivante: Le ministre des affaires étl'angères, dans un langage obscur et embarrassé, est entré dans le1, détails oiseux, sans pouvoir trouver une phrase d'indignation cont1·e le coup d'Etat accompli par M. Ristitch. - Il a terminé en disant qu'il saurait traiter cette affaire " avec prudence et fermeté n. En bon français, cela veut dire, dans la bouche du lieutenant de M. Ferry, que le ministre des affaires étrangères ne fera rien. IIcm'cusernc>nt que le lwav'g(·néral était a Loncll'es le 4 juin, au lieu de préside1·le conseil des ministres, sans quoi, s'il faut en croire le journal officiel <leson futur gouyernement, il nouR eût lancés dans une belle affaire - à la remocque de M. de Bismarck. Le Matin: Dans la vie privée, quand un individu s'approprie le bien d'autrui, on le considère comme un voleur. Quel euphémisme trouvera-t-on, dans le langage diplomatique, pour qualifie1· l'acte de spoliation que vient de commettre le gouvernement serbti 1 Nous l'ignorons. mais il est inadmissible que les choses en restent là et que la protestation de la Compagnie française rlemeure platonique. L'opinion s'uccrédite de plus en plus qu'on so trouve en présence de menées allemandes, dirigées contre l'influence française en Orient; on prétend même que cette affaire est le commencement d'un grnnd plan politique dont la Serbie sert actuellement d'instrument inconscient. Soyez bien convaincu quïl s'agit dans cela d'un acte politique et non pas d'un acte purement arbitraire. • La Cocarde con.·acrait à l'ukase de Belgrade un article de tête où nous relevons les passages suivants : Peu à peu, nous avons perdu du teITain. Sans entreprendre de nouvelle guerre, M. de Bismarck est ainsi pat·venu à nous porter rle rudes coups. Il a manœuvré de façon à nous représenter non seulement en Europe, mais en Orient, comme une puissance faible, en dehors de laquell~ pourraient désormais se 1·égler toutes les questious. Tel a été, depuis le traité de Francfort, tel est aujourd'hui encore l'unique but de la politique allemande. M. Ristich est convaincu qu'il n'a rien à craindre et qu'on lui saura gré à Berlin de ce qu'il a fait. La diplomatie française inteniendra sans doute ; mais d'ajournements en ajournements, de promesses eu prome$ses, on espère évidemment, à Belgrade, que l'affaire ne se ternlinera pas à notre avantage. Ce que nous voulons constater aujourd'hui, c'est qu'en d'autres temps, jamais un gouvernement ne se serait permis d'attenter ainsi aux droits de nos naticnaux. Le loisir et l'espace me font <léfaut pour prolonger cette revue de la presse. Presque tous les journaux ont donné la même note anti-

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