LA VÉRITÉ SUR LES CHEmNs DE FER SERilES 727 « L'Autriche avait un énorme intérêt, tant politique qu'industriel « et commercial, à ce que la ligne rle la Save à Salonique, au moins, « ~inon une partie des lignes au-<lela, Yers l'Est, fut exécutée avec u son concours et· d'accord ayec elle. Il y axait la un double but « <l'influence politique et de rléYoloppernent économique que Son « Excellence, le« co1:1leTaafo, appréciait a sa juste yaleur et deyait « youloir atteindre (1). >) C'est à permettre d'atteindre ce but, que M. Bontoux. se consacra. Je recommande a M. D1·umont la très instn1ctirn lectm·e de toute la première partie du liwe tle M. Bontoux. Nul doute qu'après aYoÜconstaté a quelles som·ces impures (leYaits'alirnent~r la fameuse banque catholique que ce financie1· rèYait, l'auteur de la France Juive no flétrisse, ayec son inclignation habi Luèlle, les manœm-res de bamlilismo anti-françaises de c<::a'tustro-allemafül catholique. L'Autriche, en effet, c'est i::.'ILBontoux. qui le dit, n'a,·ait pas en mains, à cette époque, les élèments llnanciet·::-capables d'exécuter le progï'amme de domination politico-économique saYamrnent tracé au congrès de Bel'lin par la collaboration en partie double BismarckAndrassy. Sans doute, le g1·oupcallemand de Yicnne, de Berlin et de Francfort,, Rosichild-Bleichel'œder, n'eût pas mieux demandé que ile <lo,·eni,· l'agent économique <le l'Auti·icho-Hongrie dans les Balkans. Mais les hommes <l'Etat <lela monarchie Austro-Hongeoise sont les premiers politiques de l'Europe et ils sayent trop de quelle tacon M. ,le Bismavck tient en laisse ses flnanciers, pom· recou1-ii-à,. eux. Les hommes d'Etat de Vienne no Youlaient à aucun prix cl\m concours financier allemand qui eût subordonné trnp étroitement l'Autrichc-Ilongrio à l'Allemagne. Ils 1wéférèrent des capitalis1es français, parce que ceux-ci, bien qu'appa1·tonant à une nation ennemie, sont à l"abri ,le toute ingél'ence go1n-ernementale. Jamais il ne viendrait à l'idée ,les pauncs bénêts qui sont a la tète cle la République, de suncillor remploi <lescapitaux. cl1·aiuésen France pai· les sociétés flnancii>ros, constituées pour des opérntions a l'éti-anger. Ces pannes g'Cnscroiraient porter atteinte à la liberté, en beidaut le capitalisme cosmopolite qui a son sii>ge a Paris! . M. Bontoux. offrait a l'Auti-iche le concours des capitaux. français; celle-ci ponYait l'accepter, assurée qu'elle était d'avoü· en main un instrument bien docile qu'elle manierait a sa guise. M. Bontoux, en effet, lui offrait toutes les garantie· possibles : « Mon programme, clit-il encore clans le liYre précité, répondait plei- « nement aux yucs du ministère et je ponyais 1lire a.Yecraison : La « banque dont je demande la concession fera ce que le gournrnement « autrichien désire qu'il soit fait, et« ce qu'il ne peut faire lui- (1) Dontoux, l'Union générale, p. 44.
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