LA VÉRITÉ SUR LES CHE;\HNS DE FER SERBES 725 teinte aux droits politiques acquis, lorsque ces droits ne venaient pas se heurter immédiatement à ses projets l_)ersonnels,encouragea les héros de l'indépendance serbe. Il écriYit même une lettre a Kal'a-Georges, <lans laquelle il l'appelait « Mon frère )J et lui envoya un sab1·ed'honneur. C'est ~'alors que datent les liens de sympathie qui unissent la 11ationserqe à la France,autant qu'a la Russie. Notre politique rérnlutionnaire des nationalités a d'autant plus conteibué au déYeloppement de l'influence française en Serbie, que cette influence y a été absolument désintéressée. En s'affranchissant du joug des Turcs au commencement de ce siècle, la Serbie prit la tête du mouvement nationaliste slaYe. Après les guerres de l'indépendance, une généeation enthousiaste de penseurs et d'écriYains grandit qui, a force de traYail, ne tarda pas a produire une véritable efflo1·escence intellectuelle arrivée a son apogée pendant les premières années du règne de Milan (1875-1883). Nul doute que si alors, la Serbie aYait eu a sa iète un gouyeme- .ment capable de réunir en un puissant faisceau les forces intellectuelle. et morales considérables qui s'agitaient clans son sein, la nation serbe ne fût deYenue le Piémont slaYe des Balkans, auquel tous les autres peuples se seraiént ageégés successiYement. Malheureusement la.Serbie anüt a sa tête un jeune prince dénué de toute Yalem· morale. Intelligent mais sceptique, YÏYem·acharné, ne recherchant dans l'exercice du pouvoir que les joLlissances maté- •rielles qu'il peut procmer, le p1-ince Milan - ou a déjà compeis que c·est Je lui qu'il s'agit - n'ambitionnait du rôle de VictoeEmmanuel que les plaisirs et les ayentui-es faciles qui égayèrent les soucis politiques clela Yie <luroi {l'alanthomme. Le peince MiJan ue Yit dans la Se1·biellu'un royaume a exploiter·, et comme pont· le mettre en coupe réglée, il arnit besoin tl'une exploitation sarnmment organisée,il Yendit.sa patrie a l'Autriche et à l'Allemagne, qui se chargèrent de l'administrer, de compte a demi axec lui et ses créatures. Apt·ès les guerres de 1876-1878, où la conduite du prince Milan fut sin.glièrement louche - on assure qu'a maintes reprises, il communiqua l'ordre de marche ,le l'armée russe - l'impôt ne pouyait plus suffire aux. dépenses du pi-ince, qui clût engager les diamants de la princesse Nathalie a l'Ar1glo Bank de Vienne, poue une somme de 800.000 francs. C'est llans cet état de pénurie complète qu'il écouta d'une oreille favorable les peopositions brillantes de l'Autriche.Déja, par un projet de com·ention arrangé a Bedin entre le comte Audrassy et M. Ristitch, le principal ministl'e de Milan, la Serbie aYait été économiquement livrée a l'Allemagne et a l'Autriche. Les chemins de fer deYaient compléter cette trahison. Mais le prince Milan et ses créatures damnées, MiatoYitch,
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