La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LA VÉRITÉ SUR LES CHEJ\11NS DE FER SE!l.BES 723 Habsbourg, l'Autriche-Hongrie tourne de plus en plus son attention du côté de l'Orient. Cet Etat étrange, agglomération de peuples diYisés entre eux par un Yiolent antagonif,me de races- germains, hongrois, slaves, -etc., - se désagrège de toutes parts, incapable de contenir la poussée intérieure des tronçons de nationalités qui le constituent,et dont chacune cherche à conquéril', sinon son mdépendance, au moins -son autonomie. La poussée slave, sm·tout, inquiète l'Empire Austl'O-IIongrois à 1·aisondes dangers qu'elle crée pour la Hongrie. Entot~rée de Slayes a l'extérieur, débordée àl'intérieur même, à la fois ethniquement pal' les Slayes et politiquement par l'influence allemancle, la nation hongrnise est placée dans la nécessité, en apparence cont.raL1ictoire, de combattre énergiquement le Germanisme à l'intérieur autant que le SJayisme, et cle s'appuyer néanmoins sur l'Allemagne a l'extérieur, pour faire échec à lînfiuence russe rlans les Balkan::;, paemi les nouveaux peuples sJayes anachés a la conquête turque, l1ont l'agitation exerce toujours une action immédiate sur l'état cfosproYinces Sl~n-esc1ela Hongrie. L'Allemagne se prête, ayec la meilleure complaisance du monde, à l'agrandissement de l'influence austro-hongroise chez ces peuples, la protection accordée à l'Autriche-Hongrie de ce côté tenant en échec la Russie et lui assurant les coudées franches en Occident. !\fais les Slayes <lnDanube résistrnt éncrgiquemC'nt à la pénétration de l'influence austro-allemande. Malg1·èles rirnlités entretenues dans l<'m' srin par lC's,1gcntsde l'Auteiclw <'t (k l'_\llC'magnc, il existe ent.re eux une communauté d'aspirations sla,·es qui les rapproche de la Russie. Non, ainsi qu'on le donne trop souYent à entendre, que les peuples des Balkans soient disposés à se laisser annexer simplement à la Rus. ie. . Par leur similitude d'origine et de religion, les Slaves du sud n'éprouvent pas pour les Russes l'antipathie Yiolente que leur inspirent les Allemands. Mais sous une foule de rapports qu'il serait trop long d'analyser ici, la ciYilisation et les tendances de ces peuples diffèrent notablement de celles de la Russie. Les mœurs politiques et sociales des masse~, par exemple, sont de beaucoup sup~- rieures à celles des masses russes, les premières n'ayant pas subi, sous la domination des Turcs, l'oppression dégradante que le servage a fait peser sur les classes rurales de la Russie, dont l'état matériel et moral a certainement regl'essé, apres les usurpations de l'aristocratie russe au xvr• siècle. Mais les peuples des Balkans nourrissent contre l'Autriche-Hongrie un vif ressentiment national, provenant de ce fait : que des proYinces historiquement slaves sont encore sous le joug autrichien. D'où le caractère patriotique de la

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