La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

LA REVUE SOC1ALI81'E lecteur pom>ease faire mrn jrl(,e<lCl'a méprise (lami laquelle l'opinion publiqur est lombfr, loL·~qu'ello a cru quo le gouYC'rncment serbe ayait obéi aux in:-;ligations de M. de Bismarck poul' frapper nue Compagnie française de Mchéancc. Enf1n, le ledC'nl' YC'rrasurtout <1uelsdangers le capitalisme internalional fait coul'ir à la F1·ance, le seul pays où l'on a lai:-;sé toute latitude d'aclion à la flnnncc iles deux monclcs. Par là rcssorti1·a mieux la néc.:es~itôqui s'impose clC'meure fin aux. lùches faiblesses et aux coupables complaisances qu'on a eues trop longtemps pour elle. I Les peuple:-; clu Bas-Danube, habitant la presqu'île des Ballrnns, sont confusément agrégés en nationalités peu distinctes, et en pt·oie à iles convul:-;ionspério<liques. au milieu clesquelles l'obserYatcur a peine à se reconnaitre, s'il ne suit pas, avec une attention continue, lrs courants qui se dessinent ùans l'éYolution nécessairement désor- <lonnéccl'unmonde encore informe, à l'état embryonnaire. Cal' ces peuples slaves, bulgm·es, 1·ornnains, etc., affranchis d'hier do la 1lomination musulmane, naissent à peine _àla Yie politique occiclentale; ot clans les premiers pas qu'ils font, leur marche est hésitante, incertaine, comme celle rle tout nouveau-né. Il faut dire, rl'ailleurs, que nombre de grandes personnes ne se font pas faute <l'accumuler les obstacles autour d'eux, et plus <l'un trébuche souYent, pris au piège que ces p:rancles personnes astucieuses ont ternlu à leur faiblesse enfantine. Depuis tantôt un qua1·t de siècle, en effet, la presqu'île cles Balkans est de-venue le champ <l'action par excellence de la diplomatie européenne. Ces peuples, recouverts des siècles durant par le flot de l'inYasiôn turque, n'ont pas été plutôt 1léliv1·és,qu'ils se sont trouvés exposés aux convoitises cle:-g;randes nations européennes, convoitises bien plus àpres encore que celles des Tm·cs. La Russie <l'une part et l'Autriche-Hongrie ,l01'autre, sans oublier l'Angleterre qui est partout, èleYè1·ent, dès le premier jour, des prétentions cletutelle onéreuses et se disputèrent à l'en-vi l'honneue et le profit de former les nou-veaux peuples à la vie politique cle roccident. De là, des compétitions jalouses qui ont multiplié à l'in!lni les causes cle<liscordes, les tl'oubles et les crises de toute natme, suscité des 1·ivalités incessantes entre ces groupes de nationalités mal définies que chacun s'efforce de délimiter au mieux. <le ses propres intérêts. Rl'poussée clel'Italie et de l'Allemagne, c'est-à-dire de l'Occirlent, au com·s de cett.e dernière moitié du siècle, qui a YU pëllit-et déc1·oître avec une rapidité vertigineuse l'astre de la monarchie de

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