LA VÉRITÉ SUR LES CHEi\lINS DE FER SERBES 721 armée t1ont l'Autriche l'a menacé il y a quelques jours. Elle est la suite et la conclusion naturelle du départ du roi Milan de Serbie et de l'avènement d'hommes d'État anti-autrichiens, achevant de briser avec la politique austro-allemande •du roi Milan, politique dont le groupe de capitalistes internationaux. concessionnaires des ch_eminsde fer, c1. été l'agent le plus actif depuis peur établissement. Et c'est cette mesure de défense nationale, que toute la presse parisienne a appelée une << spoliation »; un « act<>de brigandage inspiré, sinon dicté par M. de Bisma1·ck, pour ruiner l'influence franco-russe dans les Balkans! i> Et le gouvernement n'a rien dit, n'a rien fait, pour enrayer cette campagne de presse! Il devrait savoir, cependant, de quoi il retourne, connaître la situation exacte des partis politiques et financiers, clansces régions, afin de pouvoir p1'évenir, le cas échéant, les manœuvres corruptrices de gens, ne reculant devant rien pour s'assurer le concours du journali ·me français. Sans doute, tous les journaux. qui ont pris feu sur les télégrammes de l'Agence Havas. rédigés à Belgrade dans les bureaux de la Compagnie des chemins de fc1', n'ont pas été achetés. La plupart des articles alarmants publiés à ce sujet ont été écrits,comme tant d'autres, par des gens exerçant la profession d'écrire tous les jours un certain nombre de lignes sur l'évènement de la veille ou de la matinée, et qui n'y entendent pas malice. On n'a même pas à les soudoyer. Il suffit d'une note de !'Agence Havas. Ils démarquent fidèlement, à cent lieues d'imaginer qu'ils viennent d'écrire une réclame de première page, valant 25 ou 50 francs la ligne, selon l'importance dujoumal- et la compétence, généralement médiocre, du journaliste. C'e ·t pourquoi si le gouYernement avait su, il eût suffi d'une démarche invitant à la prudence, pour empêcher le déchaînement de la presse contre la Serbie et sauvegarder les intérêts de la France, sacrifiés, depuis quatre jours, aux pires écumeurs d'affaires. Mais le gouvernement ne savait pas! Et les administrateurs levantins, belges, autrichiens et allemands de la compagnie, ont pu exploiter tout à leur aise l'ignorance des uns, la vénalité des autres, la crédulité de tous, grâce à l'incurie du gouvernement. C'est dans l'espoir, malgré l'heure tardiYe où ces lignes paraîtront, qu'un exposé exact de la question pourra être utile, que nous avons écrit ces pages rapides. En établissant sommairement la situation respective des pays de l'Europe dans les Balkans et particulièrement en Sei·bie; en signalant l'importance politique et économique des chemins de fer serbes·, le but pour lequel on les a créés et la nature des intérêts qu'ils ont senis jusqu'à ce jour, le
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