La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

712 LA I\EVUE SOCIALISTE l'on Yient de voir que les majorités de coalition sont la conséquence fatale du suffrage uniYersol, cela reYient à dire que le parlementarisme, ayec ses rouages ùe convention, l'irresponsabilité du chef de l'I~tat, la 1·esponsabilité ministérielle et la confusion dés pom:oirs, ne peut fonctiouner en présence du suffrage uniYersel. Il faut choisit· entre los deux. On ne peut YOuloir en même temps l'un et l'aufre, cm· ils sont incompatibles et contradictoires. Ceux qui rèclament le maintien du pal'lementa1·isme cloiYentclone éti·e logiques; ils doiYent également réclamer le retour au suffrage resti-cint ot la i·cconstitution <lupays lrgal. Ceux qui considèrent au conti-aire, le suflrage uniYersel comme la base de nos institutions démocratiques, doiYent se 1·ésouclrealors à organiser un régime représentatif capable <letl'ouYer, clans ce suffrage uniYersel même,les élémrnts nécessaires à la bonne adminisfration du pays. La p1·emièrc condition d'existence <lece régime représentatif <lémocratiquo sera cl'ètre institué <le manièrn à bénéficier rles majorités <le coalition, à YiYre pm' elles et pour elles, sans en souffI·ir jamais.Et, pour cela, il faut :l'abord que le Pal'lement 1·eprésente 1·éellement bien le pays électoral, qu'il soit son image réduite mais sensiblement exacte, qu'il soit constitué pour toutes les nuances de l'opinion, aYec lems propo1·tionnalités respectiyes; de telle sorte que, chaque fois qu'il se formera, sur une question déterminée, une majo1·ité rle coalition, cette majorité représente bien celle qui se formerait clans lo pays même si celui-ci était directement consulté. Il faut ensuite, si l'on Yeut que ces majorités de coalition proclui!:ient rles 1·ésnltats utiles par lem· instabilité même, qu'elles puissent librement se constituer, se transformer, se disloquer et se reconstitue1· en des groupements indéfiniment Yat·iés, sans porter atteinte à la stabilité clu pouYoir exécutif. Il faut donc établir la sépamtion itb::-oluedes pouYoÎI·s;au Législati (a faiI•e la loi, a l"Exécutir a aclminist1·er le pays. Voilà la 1·éforme qui s'impose chez nous à bref délai si nous YOnlonsy maintenir le régime 1·épublicain, que le mauvais fonctionnement du pal'lementarisme est en train (le discréditer. Et je ne peux résister au clésir de rappeler, a ce 1n·opos, l'éclatante condamnation 1wononcée contre le parlementarisme, en 1869, au Congrès de la Paix de Lausanne, par celui autoue duquel se groupent en ce moment ceux qui sont précisément les plus hostiles à tonte idée de réYision <le not1e organisme constitutionnel. « Sa- « chez, s'écriait alors M. Jules Ferry, que lo régime parlementaire « soit clans une République, soit dans une Monarchie, n'a que le « choix entre deux genres de mort: la putréfaction. comme sous « Louis Philippe, ou l'embuscade comme sous Napoléon III. » - Je ne suis pas aussi absolu que M. Jules Ferry, car, si je considère pour les motifs que j'ai déYeloppés plus haut, que le parlementa-

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