708 LA REVUE SOCIALISTE change!' ainsi brusquement toute l'orientation politique du pays. Cin<1ou six cent mille Yoix seulement se· portent de gauche à clroi te, par exemple, et la grosse maJ01·ité pal'lement.aire d'hier deYient la pelite rnino1'ité tle demain! Un ou cleux Ying-tièrnesdu corps électo1·aldécidant <les destinées <lesdix.-huit ou dix.-neut autres, assurant à son gré le tr1omphe ou la débacle cl'un parti qui a clerrière lui près rle quati·e millions d'électeurs! Voilà où nous conduit l'application illégitime du principe <le majorité! n-rùce à lui, G 0[0 des électeurs penYent ainsi peser, dans la balance électorale, clupoi<ls <le100 0tO; tandis qu'ayec le principe cle proportionnalité ils ne pése1·aient que du poicl:-d; e 5 0t0, ce qui serait l'équité. Ne YOit-on pas quels heureux. résultats donnerait, au point de nie cle la stabilité des ponYoirs publics, de la suite à donner aux trayaux législatifs entamés, cle la sécm'ité extérieure et de la tranquillité intérieure <lupays, l'application cl'un tel principe électoral? Et ces résultats seraient encore plus complets si l'on organisait, comme il en est question en ce moment, le renouYellement' partiel, par tiers ou par quart, par exemple, cles Assemblées. Il faut bien se rendre compte que la grnn<le majorité des électeurs ne moclifie presque jamais, <l'une manière brusque, ses opinions et ses tendances. Ce ne sont que des minorités qui se déplacent ainsi tout a coup, sous l'influence de passions sournnt éphémère: et d'enteaînements <letoutes espèces .. Or, si l'on renouvelait la Chambre par quarts et si l'on adoptait, en même temps, le principe cle la représentation proportionnelle, ce <léplacement du Yingtième <lesélecteur:a:, dont je Yiens de montrer les conséquences possibles ayec nos systèmes en u;:;;age, n'aboutirait, a chaque renouvellement partiel, qu'au déplacement du quatre vingtième des i-ièges législatiis, déplacement toujours trop faible pour provoquer de brusques et dangereux soubresauts clans la direction <lesaffaires publique::;. Et, avec ce principe de proportionnalité, plus de ces règles conventionnelles et injustes sur lesquelles nous vivons et qui proclament, par leurs défauts mêmes, l'iniquité <lesdoctrines dont elles découlent! Plus de majorités absolues, plus de majorités relat.iyes, plus de ballotages, plus d'élections part.ielles uninominales, plus de candidatures plébiscitaires! La répartition de tous les sièges s'opérant proportionnellement entre les listes qui amaient obtenu un nombre de voix au moins égal au chiffre répartiteur, l'élection serait toujours complète au premier tour. Chaque foi~ que, par option, démission ou décès, un siège se trnu-verait libre, il serait naturellement et immécliatement occupé par le premier non-élu de la liste dans laquelle se serait déclarée la vacance; car il faut bien se rendre compte qu'avec le système proportionnel, dont j'exposerai du reste plus loin tout le fonctionnement, une liste, quelles que farn-
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