706 LA REVUE SOCIALISTE nable doctrine <lumonopole des maj01·it<•sen matirrc fl0ctoralc, le sum:age cessC'd\;tn' uniYe1·sl'l, ea1· celui <le la majo1·ité est tout. et cplui <lela rninoril<• n'est 1·ie11.La 111ajol'iléa s0uk le droit aujom·- dïrni, non pas seulement cle c]é('i<ler, ce qui est léµ-itimC', mais 0nco1'e <le se fail'C enten<l1·c, <le (lélibérer C'll nu mot, C'Cq' ui 0st inic111(':.Non, nous n',wons pas le :-;uffrage uniyerscl ! nous n'nTon:-; qne 10 :-;uffrage des majorités. Si je suis <lans la majorité, je jouis r<•cllpnwnt C'll effet <lu p1·emie1·<k mC's <lroits ,le citO)'C'n, erlui <l'intenenit· dans la p:Pstion des af[ai1·es <lCm' on pays . .Mon bulletin d0 YOlP <kYiC'nLun lll'écieux instnunent polili,p1e. «r1-1.c0 it lui, jr suis 1·rp1·ésenté, ,lans les conseils 1lr la nation, pat' celui en <1ui j'ai 1·rmis ma confianC'C".Mais si je s11is<lans la rninorité, mon bulletin dP yolr n'rst plns cpùm chiffon <le papiet' .. Je suis clc'•ponill(•de mon ,h·oit imp1·esc1·ipti1Jlc de <lonner au moins mon~ axis :-;u1•la direction des affaires puhliques. Je suis arn;allti, 1·é<luitan :-;il0nce. Je suis un Yaincu et tl'aité comme tel. Est-c-c là le but auquel tcn<laieut les auteurs de la Déclaration de:-; rll'oits ,1e l'honnne et ,lu citoy0n? Bsl-ce ainsi que l'on peut comp1·mHlro l'organisation d'une véritable démocratie? KoL1·e 1·égimo n'a, en Yè1·itè, cl(' la d émocra1ie que le nom. Il n'est <1u'une oligard1i0, la plus Ya1·iahle, la plus <langePeuse, la pÎ1'e de toutes, une oligm·chie ékc101·alc! Comment ne s'est-on pas encore ape1'c;:u,dans ce pays, c1es conséquc•nccs funesÜ'S qu'engernlre une' telle situation ?Les ayertisscrnents n'on I pourtant pas ma1HpH'' ! Br,ontrz C'<' <1uc,il y a longtemps di•jil, disait Louis Blanc il cr sujet : « La rnajo1·ite, disait-il, <loit a;voi1·plus dr rrp1·ésentants que la min01·ilé; fo1·t bien. Mais s'ens11it-il qnr la minm·ité n'rn ,loiYc pas ayoi1' du tout? C'est poul'tnnt ce qui a1·1•iye.Le 1·cpréscntant élu est c0lui de la rnajo1·ité ct lo YOte clc la minorité HG ü·ouyc n'ayoir pas plus 110Yalcur, l'él0dion faite, que si la rninorit{• n'existait pas. J'admire ceux qui ,léfinisscnt le régime absolu ile la majOl'ité : ,qouve1·nement clu peuple par lui-même, et (1ui, <.:ela fait, Re croient <lr grands démoc1·ates ! J'afflnne, moi, au nom de l'éYiclence, que c'est là tout simplement le gouYerncmcnt cluplus 1wtit nombre par le plus g1·an1lnombre. Or, que' 10 plus µ-rarnl nomlJl'e l'emporte sui· le plus petit, soit; mais le plus petit nomb1·e doit-il rtt'e compté pour 1·ien, al>solumrnt J>Olll' riPn? Il est cl0s cas où la majorité n'est que la rninorit(' plus un, el la rninot·ité, la majoriV• moins un. Prètend1·a-t-nn quîl suffit <l'une Yoix. de différence pour fai1·0 que l'une des c10ux fractions soil lr peuple et r1uc l'autre soit!(, nôanL? Pm-tout où la Yoix ,les minorités est étouffée, quo c1is-je?padout ou €'fü's n'ont pas k'lll' influenC'e peopol'lionnelle sm' la tlil'ection des affait·cs publiques, le gomerncment n'est qu'un gouyernement de p1frilègr
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