La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

696 LA REVUE SOCIALISTE sexes ne se borne pas à la reproduction de l'espèce. Elle ne saurait. pas non plus êtl'e niée au point de ;-ue de l'intelligence, clela morale et du trarnil. Si on peut constater qu'en général l'intelligence <le l'homme est plus développée que celle (le la femme, cela tient bien moins a l'inféeiorité des capacités féminines qu'à l'abominable éducation spiritualiste dont la femme surtout est Yictime. Du 1·este, mème sous ce rapport, l'équi.valence <ledeux sexes est retablie par la conception intuitive que la femme possède à un bien plus haut clegt·éque l'homme. Beaucoup de sayants basent. l'infériorité intellec~uelle de la femme sul' l'étroitesse de sa boîte ceanienne, sur le Yolume, le poi<ls inférieul', par rapport a l'homme, de son ceneau. Ce sont là des argument.s d'une certaine Yaleur; les seuls, peut-être, qui impliqueraient l'infériorité intellectuelle de la femme, si l'intelligence était exactement proportionnelle a l'ètencluc, au Yolumc et au poids clu cer'yeau. l\Iais, on sait que le Yolumc et le poids du ceneau ne sont pas les seules conditions de l'intelligence. La qualité de la matière cèeébrale et le nombre <leses circoffrnlutions sont des conditions de ntleur aussi impol'tantcs. Or, nous sayons que le tissu c01·tical du ceneau féminin est plus fin, plus délicat quo celui clu ceneau masculin, aussi est-ce pour cela que la femme est plus sensible que l'homme. Et si le ceryeau féminin n'a pas plus, l)eut-être moins. <lecirconYolutions que le ceneau masculin, la cause on est à l'insh'uct.ion de la femme qui a toujours èté inférieure à. celle de l'homme; et puis, aux. conditions sociales sous lesquelles a toujours nku la femme,conditions qui lui ontc1·éémille fois plus cl 'ob- ~tacles qu'à l'homme pour entrer rlans <lesprol'essions libérales, tlans les can·ières arfr:,tiques, litté1·aires, philosophiques ou scientifiques. C'est l'instruction étroite, l'éducation presque toujours religieuse, ty1·annique et remplie clepréjugés que l'on a toujours inculquées à la femme; ce sont. les conditions sociales, barbares, despotiques sous lesquelles on l'a toujours maintenue qui sont cause rle son infériorité intellectuelle, sous le 1·apport des conceptions des choses, surtout 1ihilosophiques et scientifiques. Car, c'est sm· ce côté-là., et sur ce côté seulement des choses, que la femme est intellectuellement inférieure à. l'homme. Toutefois elle est loin de l'être autant que Proudhon lE prétend, lui qui Yajusqu'à dire que l'humanité ne doit. aux femmes aucune idée politique, morale et philosophique. Une seule des femmes que nous ayons citées suffit pour faire tomber l'assertion proudhonienne qui, depuis qu'elle a été énoncée, est deyenue une maxime bourgeoise. Sur tous les côtés, autre que celui des grandes études philosophiques et scientifiques, la femme est intellectuellement égale, sinon supérieure à l'homme.

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