La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

L'ÉGALITÉ DES SEXES •695 rang parmi les physiciens et les astronomes. Il ne faut pas oublier Mme de SéTigné, Mme de Staël, Georges Sand. Dans les science~ historiques, les femmes apportent une pénétration naturelle, qui ne s'exerçait autrefois que dans le domaine Lles fictions, a étudier le génie cles peuples lointains ou les annales de notre Europe. Il suffit pom· le prouvei- ùe citel' parmi tant. d'autres les noms de miss Strickland, cl'IclaPfeiffer. Ces femmes et nombre d'autres qui ne nous Yiennent pas en mémoire, et nombre rl'autt·es, inconnues, dont l'histoire ne parle pas, ont joué, co,itrairement a ce que prétend Proudhon, un grand rôle dans l' éYolution politique, morale et sociale de l'humanité, et s'il est Yrai que la femme a peu inYenté dans l'industi·ie, p1·étend1·e qu'elle n'a rien inYenté, et qu'elle ne sert dans la manufacture, comme dans les lettl'es, que là où le génie n'est plus clesenice, c'est c:ertainement ayancer une •chose qui n'est pas ,Taie. Car si les femmes n'ont peu ou pas fait de découvel'tes, d'inventions mécaniques, industrielles, elles ont assurément exercé une grande influence sur la plupart de ces découYertes et de ces inventions. Et puis, en vérité, cela tient aux conditions sociales sous lesquelles elles ont toujours yécu, conditions imposées pae les hommes aux femmes. Depuis peu de temps la femme enti-e dans l'inclustl'ie, trnYaille clans l'atelier; annt ses fonctions sociales se bornaient aux soins du ménage, de la famille, et à fait'e iles enfants. Il lui était donc matériellement impossible de découwir et d'iJwenter quoi que ce soit. Toujours sous la sujétion brutale de l'homme, elle ne devait. Yoir•etne ùevait faire que par et que pour lui. Cedernier s'appropriait et disait sien tout ce que la femme im·entait ou fabriquait. Fourrier prétend, comme Proudhon, que l'infériorité intellectuelle de la femme dérive de son infériorité physique. Nous ayons répondu à cette thèse en <lisant que jusqu'à pl'ésent, l'expérience démontrait le contraire; que ce n'était pas les hommes les plus forts qui étaient les plus intelligents. Nous croyons, qu'en général, ce ne sont pas les hommes les mieux constitués physiquement qui sont les plus sensibles. Or, l'intelligence d'un individu est sotrrent, on pourrait dire généralement, en raison de sa sensibilité, Les femmes sont plus sensibles que les hommes et nous pensons que si elles avaient pu manifester, agir dans les sociétés comme les hommes; si elles n'arnient pas toujoms été plongées sous la tyrannie des hommes, sous de misérables institutions sociales, que leur dé,·eloppement intellectuel égalerait celui des hommes, s'il n'éLait pas supérieur. Comme le dit très bien Frédéric Stackelberg (1), l'égalité des deux (1) La femme et la révolution, petite brochure, 1 fr.

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