La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

L'ÉGALITÉ DES SEXES 68<J rait sur le mode de développement des organes génitaux (certaines personnes sont qu~lque peu hermaphrodites; chez elles, bien qu'il y ait un sexe prépondérant, il y a des signes éYidents de l'autre sexe). Lorsque le développement se produit à l'intérieur, c'est-à-dire lorsque les organes génitaux deviennent saillants, l'individu est un mâle; si, au contraire ils s'incurrnnt à l'intérieur (nous Youlons parler de la bourse), l'individu est une femelle. Et, chose qui rend cette théorie très vraisemblable, c'est que plus un individu appartient génitalement à son sexe, c'est-a-dire plus ses organes sexuels sont bien faits, plus tous les caract.ères intérieurs et extérieurs de son corps dénotent aussi bien mieux son sexe; et il en est, non seulement ainsi pour les formes, les caractères de son corps, tels que le développement des seins, des cuisses chez la femme; la barbe, la Yoix chez l'homme; mais encore pour tous les signes, pour tous les caractères intellectuels et moraux inhérents a son sexe. Ainsi, une femme dont les organes sexuels n'ont pas le développement normal, se rapproche forcément de l'homme par quelques formes corporelles, par quelques caractères intellectuels ou moraux; de même, un homme a apparences féminimes a rarement des organes génitaux bien déYeloppés. La castration chez les deux sexes forme des indiYidus physiquement, intellectuellement et moralement. presque semblables. En vérité, la question n'est pas tant de sayoir si les organes sexuels des êtres ne diffèrent que par leur mode de déYeloppement, et si chaque individu possède réellement toutes les parties sexuelles des deux espèces; non, ici, nous ne Youlons nous occuper que des intluences physiologiques, morphologiques, intellectuelles, morales et sociales inhérentes a tout individu par suite de son sexe. Comme jusqu'à présent les savants n'ont guère recherché jusqu'à, quel point le sexe agissait sur les facultés intellectuelles, morales et sociales des animaux (1), nous allons immédiatement franchir toute l'animalité et arriver a respèce humaine. C'est la que toutes les différences qui séparent les sexes sont le plus accusées. II DE L'ÉGALITÉ PHYSIQUE DE L'HOMME ET DE LA FEMME Les sexes, disent les savants, ne diffèrent pas seulement entre eux par les organes génitaux, mais encore par tout le physique et même par le moral. Le mâle et la femelle n'ont pas la même confor- {1) De pareilles recherches n'ont été faites que sur quelques espèces animales. Presque toutes ont démontré la supériorité intellectuelle, morale et sociale de la femelle.

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