La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

L'ÉGALITÉ DES SEXES 687 coupés en morceaux, constituent autant d'individus que de morceaux; tout bourgeon.,placé dans un lieu favorable, produit Un indiYidu semblable a la plante-mère. A ces état , les cl iffé1·011tosrganismes dont nous venons de parler sont constitués par une masse homogène; chaque partie de l'individu peut former un tout. Il n'y a pas ou peu de différences daus les parties Yivantes; ce n'est qu'a un degré plus éleYè de la Yie, chez les amibes, les inf'usoires, les yers, que la différenciation matérielle ,s'accuse et que les sexes appal'aissent. Chose curieuse, on les trouve d'abord tous deux réunis sur le même indiYidu, confondus sous la même enveloppe - tels que chez la plupart lles végétaux pounus d'étamines et de pistils - ou séparés l'un de l'autre. Ainsi sont les plantes monoïques, le maïs, l'ort.ie, le bouleau; ainsi sont les animaux, les limaces, sangsues, lombries. L'état bisexuel s'appelle l'hermaphrodisme. Il est, nous Yenonsde le dire, commun aux deux. règnes, animal et Yégotal. On estime qu'il marque la ligne de démarcation entre les deux règnes. Jusque là, les partisans de l'inégalité des sexes veulent bien admettre, sans doute, que tous les indiYidus d'une même espèce doivent être considérés comme égaux. Eh bien! nous allom rapidement suivre, à partir du stade physiologique de l'hermaphrodisme, l'évolution des sexes jusqu'à notre espèce, l'espèce humaine. N'ayant sous la main aucune filiation généalogique des sexes, nous prendrons un peu au hasard les espèces dont nous rechercherons les signes d'infériorité et do supériorité dans les doux sexes. En dehors des difiérences sexuelles, la physiologie ne signale, chez les animaux, presque aucune diff6rence entre les sexes. La fonction principale du sexe femelle est, pour lui, !la cause d'une moins grande force vitale. Là, le darwinisme a une lacune, puisque, si réellement la lutte pour l'existence vivifie les forces organiques, un peu en raison de son intensité, le sexe femelle devrait être mieux constitué, mieux développé et doté de forces organiques plus grandes que le sexe màle. La lutte pour vivre étant moins pénible à celui-ci, YU sa plus grande indépendance de la nature. Malgré les privilèges dont l'a doté la nature, le sexe mâle n'est guère, chez les animaux, supérieur au sexe femelle. Les femelles de certaines espèces, telles que : lézards, tortues, serpents, grenouilles, poissons cartilagineux et osseux, crustacés, insectes, sont même d'une taille plus considérable. Cette difiérence tient, dit-on, en grande partie à l'ampleur de la région abdominale qui est destinée a receyoir une plus ou moins grande quantité d'œufs. Les femelles des oiseaux de proie sont également plus fortes que les mâles. Les documents nous manquent pour pouvoir dire lequel des deux sexes est supérieur à l'autre en intelligence. Toutefois, tout le

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==