L'ÉG.\ LITÊ DES SEXES 68:5 L'JLGAlJTÉDES SEXES ::i.: 1(. Nous vivons dans une époque où l'intelligence et la raison humaines se débal'rasscnt peu a peu des langes étroits de l'enfance, faits d'ignorance, d'erreurs et de préjugés et cherchent, en s'équilibrant, en se fixant i:t s'orienter dans le yaste ensemble des choses, dans l'immense tourmente des faits. L'ignorance, l'inconscience, les erreurs et les préjugés disparaisseilt lentement sous le scalpel de l'analyse, dernnt la logique froide du raisonnement. On reyient des plus grandes erreurs et des plus monstrueux préjugés. On s'étonne d'ayoir été si stupide, si bête, si illogique et si imparfait. Et puis, la multiplitité des conflits politiques et économiques, des chocs, des malaises et des inquiétudes; des souffrances et des douleurs qu'ils causent, vivifient l'intelligence et la raison, les obligent à s'éclairer sur la vraie nature et sur le bon mécanisme des choses. Nous sommes dans une période <letransition sociale. Tous les sujets sont. à l'étude, toutes los questions naturelles et sociales sont passées au creuset de la science, mais comme la science n'est pas encore assez exacte, assez grande pour permettre à. tous d'en ayoir une conception génél'alc, <l ·en suivre les lois fondamentales, il résulte que la solution que donne chaque individu a un sujet, a une question est autant, sinon plus, l'œuvre de ses idées personnelles, de ses désirs, de ses pas~ions, de son tempérament, que l'œuvre de déductions tirées <lesprincipes de l'expérience, des lois de l'observation impartiale, de l'état scientifique. De là, autant de solutions que d'individus, et de ces solutions disparates découlent ces interminables controverses de notre époque. Le problème en sort-il plus clair, plus facile à résoudre? quelquefois. Cependant, souyent sa solution est donnée par un seul qui, ayant commencé à l'étudier par la base, en a suiYi arnc attention tous les détoues. Ce n'est guère ce que l'on fait dans notre temps de fièvre; on regarde tout. on youdrait tout apprendre, tout connaître; mais ' . . . l'on n'approfoncht rien. On n''1,,sur tout, que des connaissances supedlcielles. Cependant, de cette sura,:;tivité intellectuelle étrange, bizarre, désordonnée, qui n'a presque pas conscience de son but, découlent des milliers et. des milliers de théories sur toutes les
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