La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

668 LA REVUE SOCIALISTE qu'ayait si largement esqui. sées le curé Meslier, soit à celles de portée plus restreintes mais existantes et si remarquables des Frères Mo,-aves, mais rl'une simple mi:e en commun des ressources pour êt,·e plus forts dans la lutte pour la yie. C'est même là le seul côté original rles Vingt épouses des vi·ngt associés : on sait le parti qu'en a tiré Balzac dans son admirable • roman des Treize, a-rec lequel d'ailleurs la sèche élucubration de Rétif ne peut pas même entrer en comparaison. La seconrle utopie de Rétif forme la conclusion du Paysan perverti. L'auteur suppose que pour é,·iter le retour des tristes éYénements dont il Yient retracer l'histoiee, les sur-riYants de la famille d'Edmond R... , « font agréer par lem· seigneur » les statuts d'une communauté rurale, fort ressemblantes aux communautés encore existantes alors clans l'Aurnrgne et <lans !'Orléanais. Ici encore Rétif manque absolument d'originalité; nous Yerrons plus loin qu'il manque aussi de sincérité philosophique, <léfaut qu'on n'aurait pas cru aYoir à reprocher à cet écri-rain. Quoi qu'il en soit, voici un résumé des statuts de la commune idéale d' Oudun, statuts très précis, dit M. Assezat, et contenant des rlispositions que Rétif a reproduites dans le Nouvel Emile, où il inYoque,si a faux, l'exemple de la prétendue communauté <leSpal'te. Il est d'abord décidé que tous les descendants de la famille R... , dcnont obsener ce pacte de famille sous peine d'exhérédation. Le bomg sera réglé suiYant le modèle des familles unies d'AuYe1·gne: « Kous statuons qu'il y aura égalité entière ent.re nos dits enfants, tant pour les biens de la fortune que pour l'éducation ))et pour bien rappeler « même clans les générations les plus éloignées, qu'ils sont tous frères et une même famille, entendons qu'ils soient soumis au fils aîné de notre famille, lequel sera comme leur père commun.,. Les curés (1) et maîtres d'école devront êtee pris entre les descendants de cet aîné s'il s'en trou-re de capable,s, à leur défaut panni ceux rlu frè1·equi le suit; ils ne pourront être pris parmi les descendants ùe la fille aînée qu'après épuisement de la postérité de tous les frères. « Le curé n'aura point de patrimoine. » « Les terres qui denont atteindl'e le chiffre ,le mille arpents, sel'Ont rlivisées en cent portions de dix arpents. Les frères et beauxfrères existant au moment de la création de ce bourg c1·oudun, formant souch.e, se partageront les biens de façon a ce que chaque souche ait huit portions et, en outre, dix arpents, dont un en vigne et (1) L'auteur- de la Découverte austrc.Ze accepte ici le catholicisme comme religion indiscutable et éternelle. C'était reaie1· platement toutes les novations philosophiques dont il se faisait si bruyamment gloire. Il aggrave même son cas rar de~ préoccupations patri<1rcales tristement rétrogrades . . •

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==