La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

RtTIF DE LA DRETO~NE 669 les neuf autres en place à faire vigne, avec trente arpents et droit de pacage après fauchaison dans la prairie commune. Il n'y aura pas d'autre frais que ce qui se payera au curé! « Le curé et le maître d'école seront logés dans les bàtiments attenant à l'église. Celle-ci aura trois portes, une commune a l'Occident, celle des épousailles au Midi, celle des enterrements au Nord. De ce même côté sera le cimetière. » Interrompons notre résumé pour insister sur ce point que l'auteur de la Découverte Australe par un homme volant, n'a rien trouvé a dire ni de l'organisation religieuse chrétienne, ni de l'organisation féodalo-bourgeoise tle la propriété d'alors. Que dis-je, il légalise les plus oppressifs préjugés patriarcaux. du paysannat le plus égoïstement rétrograde. Défaillances indignes de l'homme qui deYait, peu après, en tête de son étonnante conception cosmogonique- inspirée pour une grande part de la lecture de Cyrano de Bergerac, et où entraient pour beaucoup les trayaux tleBenoît du Maillet et de Robinet - éct-ire fièrement, trop fièrement, car il ne fai:ait guère que démarquer audacieusement le linge d'autrui : « Ce système est neuf. Le grand Buffon ne l'a pas deviné; l'astronome Lalande et ses pareils ne s'en cloutent pas. Mon système est à moi!» 'l'ais-toi menteur! On ne savait rien de ce système dans la ·commune 1modèle d'Oudun où l'on tùt serdlement orthodoxe, judaïquement patriarcal et où l'on Yivait Llansla crainte de Dieu, du seigneur, du Pater familias et de l'enfer. C'est l'apostasie coupable et complète du fanfar·on d'idées. Mais revenons aux Statuts de la famille, de,·enue sage, du Paysan perverti. « Au milieu du village, a coté de la fontaine et près de l'église, sera élevé un bâtiment solide, où seront reunis le four commun, une salle, capable de contenir mille personnes et. éclairée par cent croisées, senant de réfectoire; une chambre pour rendre justice; line grange pour la totalité des récoltes, des greniers pour les blés, etc. « Chacun n'aura en propriété que ses meubles, son linge et ses habits, qui seront les mêmes pour tous, sauf le choix de la couleur et de la façon. « Les bestiaux. appartiendront à la communauté, qui nommera deux syndics pour avoir l'œil sur le travail et récompenser ou punir ceux qui entretiendront bien ou mal ces animaux et seront plus ou moins actifs et laborieux. « La punition consistera dans la privatio~ de la moitié de la portion de vin les dimanches et fêtes et dans l'obligation de tenir la

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