La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

RÉTil? DE J.A DRETONNE 667 premier projet d'association est coutenu 1lans les Contemporaines mêlées sous ce titre singuliel' : Les vingt épouses des vin,qt associés. La trnme est simple. Un bijoutiel' intelligent, Youlant se fait·c une situation, imagine une association de Yingt ménages sut· les basrs suiYantes : « Nous soussigné:::., e:t-il dit. dam{ les statuts, arnns t·ésolu ,le foerne1· entre nous une union de biens, ,le moyens, d'industl'ic cL d'affections; afin de nous ent'1·aillc1·, soulagct·, suppo1·Le1·et scni1· mutuellement, en santé comme eu malallie, et 111ômcap1·ès la mol'L, ,lans nos pel'sonn0s comme dans celles de nos f('mmes et de nos eufants, à toujou1·s, sans <1uerien ne puisse l'Omp1·eou Llissoutlt·ela présente union, quo nous j11eons et promettons O1Jsp1•ye1·pt, p;arde1·, clans les lei·mes et arec les clauses ci-ap1·ès é11oucées, que nous ayons conscutic ·, apt·es une !lélibé1·aLionet donL chaque ai·Liclcpeut et doit, èt1·e regard{• comme l'omTagc de chacuu de nous. « Au nom de la Sainte 1-Iumani'ttJ nous ... (suintieut les noms), tous fret·es. tous éµ-aux, quoic1ue de condit.ions di ffél'entes, Youlons êt1·e unis, soumis, liés, obligés pat· le eeg-lcment suiYaill : « ..... Les Yinp;t associés mettent en commun, dès cc moment, tout leu1· avoil' sans aucHn(' l'CStl'iction ni 1·éset·Ye, u'ayaut les dil8 associés aucun éga1·d an plus ou au moins de 1·i<.:hesscs(l'au<.:uu d'ont1·c eux (si cette inègalilé se b·ourniL); pat'('illemcnt, toutes le8 succ:esions qui éché(•t·ont it un chacu11cles Yingt a:-isôci<'·sp1·ofHe1·ont ù l'association en co1·ps; pa1·eillt>ment toutes dettes, même celles contractées anlél'iemcmcn t, se1·011Lacquitlees pat· la (lite association. " Rétif insiste sm' cet.te communauté absolue des biens, cL, eu Yé1·itable utopiste t>ét1·og1·acle,il règle pat· le détail la Yie <les associés. Le 1·eglement. po1·leentl'c autt·es les p1·escripLions suirautes : « ... Les Yingt l'pouses au1·ont une panu·e égale, pl'opo1·tionnée cependant à leu1·s goûts et à leu1· genre cle beauté, mais à peu pl'ès du même pt·ix. Il en se1·a de mèmc des enfants. « Les mœm·:::.de l'Association seront hounêtcs, décentes. Il ne s·y commettt·a aucun désordre ayec les épouses les uns des autres. )lais chaque femme se1·a considè1·ée, respectée pat· les autres associés, et traitée ayec les égards, la politesse que doh-ent avoir cles frères enycr:,; clcs sœurs qu'ils chét·issent. » « Les mariages, est-il décrit plus loin, se feront autauL que pos~ sible entl'O enfants des vingt rnaeiages associés, les biens restant indiYis et les enfants n'héritant pas." Kotez que si les tlépenses et l'accumulation sont communes, le traYail ne l'est pas. Chacun cles associés exercera sa profession dans le monde, faisant un secret, de l'association qui le lie. Il ne s'agit donc pas d'une communauté économique analogue soit a celles

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