La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

664 LA REVUE SOCIALISTE sance des stat.uts des frères Morayes, et il tentait de les appliquer. « Peut-être a-t-il seulement serYi d'initiateur à Fourier qui cornmenc;ait à lire an moment où Rétif finissait d'écrire. Fourie1· a pu, de plus, pren1lre rlans Rétif cel'taines idées sur les femmes qui lem sont communes à tous ,leux, et s'il a jamais rencontré un Yéritable spécimen ,le la Papillon-ne, c'est Rétif. Ce qui les 1·approche, c'est la cr(lyance à la légitimité ,les passions, ou tout au moins à leur fatalité; c'est <le,,-wt cette fatalité que gémit parfois Rétif; c'est pour faire tn·orluire à cette fatalité des fruits <1uine soient pas amers que Fom·ier réhabilite les passions. Mais il :ra cette différence entre les cieux hommes, sur la parenté ,lesquels nous ne voulons pas insister trop longtemps, que Rétif, timide, ya hésitant et a d'aborrl peur cle choquer rles sentiments, ,les préjugés, si l'on veut, que Fomie1· n'hésite pas a reuYerser et qu'il n'arriYe à la cléDnitiYe expt·ession de ses i<lées systématiques que dans la demière pério1le ile sa Yie. » Nous p1·éciserons daYantage en donnant, ,l'après le même C'l'iique, une itlée sommaire cle la cosmogonie de Rétif; intuition remarquable, où les idées que devait déYelopper Fourici· et les aperceptions du transformisme alors informulé et réduit aux tàtonnements tle Benoit 1luMaillet et ,le Robinet se cornbinent ,lans un tout confus où abondent les demi-clartés. « La terre a été formée pa1· c1·istallisation froide et non par Yifriflcation, comme l'ont préternlu Buffon et ses prédécesseurs De>scarteset Leibnitz. Elle s'est c1·istallisée d'abord au cent1·e; 11uand elle était jeune et Yigoureuse, elle forma d'autres c1·istallisat.ions animales qui pontaient aYoit·jusqu'à Yingt et une lieues de haut et qui, en les supposant con[orrnées comme les hommes,n'auraient eu, dans les plus profondes mc1·s,'de l'eau que jusqu'au genou. Mais les planètes sont les femelles qui ne peuwnt rien produire sans le secom·s des êtres plus nobles r1uisont comme lcm·s mcllcs : sans les soleils. ~ La 1iature est élei·nelle quant à la subs!œnce, mriis non quant à ses modifications. Les planètes ne so1·tcnt pas du soleil à l'état de planètes, mais a l'état rlc comètes. Le soleil absorbe sans cesse des planètes et lance sans cesse des comètes qui se planétisent, en raccour·cissant. ayec l'clp;elem· courbe elliptique pont· en arriYee à une couebc cÎl·culaire. Tant qu'elles sont comètes, elles sont stériles. La planète seule est féconde. Elle a sa vie naturelle, ses maladies et sa mort accidentelle. La mort naturelle est l'absorption par le soleil. La mort accidentelle peut ètre le résultat du choc d'une comète, quoique ces astres soient absolument fiuides. « La lune, surchauffée par des jours de 14 fois 24 heures, n'a plus aucune humidité; elle a subi une pufréfaction. C'est le même

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