656 LA REVUE SOCIALISTE étendue et qui, a égalité de traYail, fournissent. : la prem1e1·e 1.000 boisseaux de froments, la secorn1e 500; il y a <lonc la une rente <le 500 boisseaux pour la premiè1·e te1-re. Il est éYident que si la rente reste entre les mains des indiYitlus, le premie1· cultiyateur poui-ra céder son produit pour un, alol's que le second ne pouna le cé(lee que pou1· deux : voila clone deux pl'O(luits qui ont <lemandé le mème trayait et <lont l'un Yaudra une fois plus que l'autre, rlont l'un ne pourra s·échanger pour ce qu'il Yaut comme t1·ayail qu'a la con- <lition que l'autre soit yendu pour moins que pom le trayait qu'il a coùté. Au contraire, adjugez la 1·ente à la collectiYité, et. l'équilibre est 1·établi : di>:- lors nos <leux cultiYateu1·s peuYent échangc1· réciproquement leurs 500 boisseaux de froments sans l'icn 1)l'é]eyer l'un sui· l'autre; ou ce qui est plus rationnel, chacun d'E>uxpeut. échanµ:ee se. prnclnits ag:1·icoles ayant une Yalen1· 1ixé0 contt·e cles 1n·o,luits intlustl'iels équiyalents, c·est-a-di1·e ayant coùté la même somme cletrnYail. C'est ainsi que le collectiYisme et le nrntuellisme, qui au Congeès de Bruxelles semblaient ·e posc1· en riyaux. et en antagonistes au sein de l'Intel'llationale, se complètent au conteaire l'un par rauti·e : La propriété collectiYe du sol rencl possible l'égal échange des produits, la récip1·ocit.é <lPsse1Ticcs. De toutes ces considérations nous pournns conclu1·e, qu'au point . cle yue de l'ord1·e nouYeau Yers lequel nous marchons, il faut réclamer l'entrée clu sol a la p1·opriété collectiYe rle la société, pour ne laisser aux. in,liù,lus ou aux associations pa1·ticulièi-es que la simpic occupation du sol, moyennant un clonble contrat qui garantisse à la fois les dt'oits de la société et les ,lroits du cultiYatenr. l\Iais, comme on le mit, cette propriété collecti-rn que nous réclamons pour la société, ce n'est tléjâ plus la prop1·iété complète, absolue. En effet, tout en conférant a la société le droit exclusif à la propriété foncière (ce droit d'exclusion qui, entee les mains lle la société devient tout simplement l'inaliénauilité du sol), tout en lui confé1·ant. aussi le droit d'accession et le droit à la rente, - tous trnis attributs du domaine cle propriété, nous ne reconnaissons à la société le droit de hbre disposition que d'une manière incomplète et limitée. Ainsi, nous ne pouyons reconnaître à la société, pas plus qu'aux indiù<lus, le <lrnit ,l'anéantir les terres ai·ables, ni rnème tle les laisser en friche, car ce serait un acte cle spoliation enYers nos dcsccn<lant.s; pas plus que la société n'a le droit. ni le pouyoir <le changee les lois etemelles de la matière, de <lécréter, par exemple, que désormais les corps s'attireront en raison inYerse de leur masse et en raison directe du carré de leurs distances, elle n'a pas le droit non plus de portee atteinte aux lois de l'éternelle Justice. Nous réclamons donc pour la société la propriété collectiYe tlu sol, mais la propl'iété relatirn, la propriété conditionnelle, la pro-
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