La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

DE LA PROPRIÉTÉ COLLECTIVE 655 récipeocité, c'est-à-dire que lorsqu'il y a moins-value par la faute du cult.ivateur, celui-ci soit obligé <lerembourser à la société cette moins-value. • ne tout temps dr Yiws protestai ions se sont èlrYées contre cette c1·iante injustice c1ui permrt à un homme de, s'atkilrnee la rente foncièee, produit <lela nature et clela riYilisation; et des économistes peu suspect:, de socialisme, se sont joints aux réformateurs sociaux. pour <lénonc01·cet ailus. « Des agents naturels ayant été appropriés, tlit Sénior, les propriétaires s'en font payer l'usage sous forme cle rente, laquelle n'est la l'écompense d'aucun sac1·ifice, et est reçue J)ar ceux qui n'ont ni lPaYaill(, ni fait, des axances, mais qui se bornent à tentll'C la main pom' rC<.;CYoil1es· offrandes de la communauté.» M. Gaenie1· est plus explicite encore: « La rente du prop1·iétaire, 1lit-il, 1lifft1rcessentiellement des rétL-ibntions payées à l'omTier poue son ti·ayail, ou- à l'entrepreneur pom· le profit des ayances p:u· lui faites, en cc que ces tleux genres de rétl'ibutions sont l'indemnité, l'un d'une peim', Lwü·e d'une p1·intlion et cl'un risqur auquel on s'est soumis; au lien que la rente est 1·eçne pal' le propri(•tairr g1·alnitrment et t'n yed.u seulement d'uno convention legale qui 1·cconnaît c(, maintient à certains indiYiclus le clrnit de propriété foncière ... Lrs plus harclis noy,tteurs ne font autre chose que cle proposrr le remplacement ,le la propriété inrliYi<luellepar la prnpriété collectiYe. Ils ont birn, cc nous semble, raison en droit humain; mais ils ont lort pl'aliqurmen t tant qu'ils n'auront pas su montrer les ayantages d'un meilleur système économique. » Eh bien, M. l'économiste, qui ayourz que nous nxons raison en droit, c'cstà-dil'e en th(-orie, il nous est <kmontré <lepuis longtemps quo le nom·eau système de la propri6t(, l'oncirre collectiYe a non seulement des aYantages, mais qu'il est deyenu une nécessité : on peut renoncer à cc qui est ay,rntagcux, mais on <loit se soumettre à ce qui est nécrssaire. Quant a nous, si nous dornarnlons que la rente toute entière retourne a la collectiYité, ce n'est pas [uniquement à cause <lel'injustice de l'attribution cle la rente aux individus, mais c'est parce que sans cela l'organisation·de la société nomelle est impossible, et cela pour deux raisons : • • 1° Le retour de la rente a la collectit•ité peut seul permettre à la société d'instituer, sans prélever des impôts effrayants, les services publics nécessaires, tels que l'instruction intégrale donnée à tc,us, l'organisation unitaire des assurances contre tous les risques et accidents, etc. 20 L'abolition de la rente individuelle peut seule mettre les cultivateurs sur un pied d'égalité et faire que partout les produits s'échangent contre des produits équivalents. Cette dernière nécessité s'explique : Voici deux terres d'égale

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