La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

654 LA REVUE SOCIALISTE cultiYéC'set que la rente fonciern ne fut p1'imitiYcment qu'un tribut }11'6lcYpéar les fol'ls sur les faibles, par les guc1Tiers sur les ag1'icuHrurs, - toujolll·S esl-il quît l'éllO(Jlle où nous" YÎY011Sla, rente c1xp1·ime apprnxi111aiiYernen! la snpél'iorilé <le yaleur de telle tene sm· trlle autre. o,,, que le propriétaire soit distinct du cultiYatem ou qu'il n'en soit pas distinct, il rmpochc cette rente, il profile <le cette supé1·io1·il0 de Yaleur ,le la terre. Si le pl'Opriétai1·e ne culliYe pas lui-nH'me sa tene, mais Yit clu fermagr cle cdlr-ci, Yoilà donc que la rentr c,·c;c l'oisiveté. Si, an contrnirr, lr prop1·iétait·e est lui-même cuHiYaleur de sa terre, il <lC\·ientun priùlégié qui, én plus ,le la rémunfration de son tra:rn.il, jouit. <le la rentr, laqurlle lui pe1·met cl'éc1·ase1·ses concurrents dont la 1·entr est, moin,li·e ou nulle. Et t>Omtanl d'où Yient celle rente de la tene? Est-cc le lll'Olll'iétai1·e qui la crée? Non, ellr 1n·oyirnt. de it'ois µ:ra!l(lrs causes tout it fait, irnlc'·pen,lantes du propri6taire: 1° De la fel'tilité natm·elle tle la trnr, <le i:;onaccroissement par la i01·mation cl'alluYions, <le sa siLuat.ionpar rapport aux Yents, au soleil, aux 1-i-dè1'ei:;e,tc. 2° ])e l'rmplacernent de la (er1·0 par 1·apporl aux centres de population, aux canaux, aux routes, aux YOirs ferrées, aux usines et aux autres effets <le la ciYilisai ion. 3° Du tmrnil que les p:énéealioni:; passées ont fait sm· cc sol. Comme on le Yoit, la renle n'est pas le fait du prnp1·iélai1·c mais birn le fait de la nalm·e et de la société. l>C'quel <lroit le 1n·op1·iétail'C'Yient-il mcllt'e la main sm· ce qu'il n'a point créé? A la société reYiennent légitirne1110ntles <kux parlies clc la l'C'nie que la soci(M a produites, c·est-à-,li1·e celle qui proyient du Yoisinage <les ccnti·cs de population, (les canaux, etc., et celle qui proYient du ti·ayail des gènéi-alions vassées; e( puisque la natm·0 n'est qu'un êtL·eabsti·ait qui ne peut se 1JL·éscnle1p· our 1·ernndiquer sa pm-t, à la société enc01·e l'eYicnt cette vartie <le la rente qui rst due à la.plus 1,n·mHlfec1·tiliü; naturelle cl(' telle te1·rc pal' mppm·t:it lclle autre .. \. la société seule doit donc reycnir toute la rente foncièl'e. Ici on nous objectera sans <loute que le paysan, qui par son traYail, ses engrais, etc., amc' 1licwe la trl'1·e, a bien aussi quelque <lroit à unr pm·l <lo la rrnte. Cette objection p1·oyirnt <l'une confusion rnt1·0 la rente <'t la.plus-value. La i·ente exp1·i111cun 1·apport <letelle tc1·1·<' it trlle auti·e; la plus-value et la moins-value exp1'imont des rappol'(s <l'ulle te1·rr à elle-même, mais it ,leux moments <lifférc'nts. 01·, pour que le <ll'Oitdu cultiyateur à la plm-Ya.lue soit i:;afo;fait, il suffit, qu'it l'expiration <lu bail la. i:;ociété rembourse au cuHiYateu1' celte plus-yalue; mais à la condition qu'ici comme partout il y ait

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