DE LA PHOPRiiTf COLLECTIVE 653 Commune, à l'Etat; la rente alors devient impôt; le cultivateur devient possesseur, il est mieux que fermier, mieux que métayer; la liberté, l'individualité jouissent des mêmEl6 garanties. ,, Droit d'accession. Ce qui nous prouye enco1·e que l'humanité a toujours con. ülél'é le domaine foncier comme une propriété d'un genre tout particulie1·, c'est que tandis que pom· les biens meubles la propriété de la forme emporte celle clu fon<l,pour la terre au contraire, la prop1·iété clu fond emporte celle des formes qui y sont ajoutées accessoi1·ement, soit naturellement, soit. artificiellement, c'est-a-di l'e soit par le travail de la natw·e (sïl est permis <l'employer cette métapho1·e), soit par le trarnil proprement dit, l'action <le l'homme sur le ROl. Ainsi, pour donner un exemple du premier cas, l'alluYiou qui se forme aux. <lépens<lu lit rl'une riYière deYient, par droit d'accession, la propriété <lu prop1·iétaire 1·iyerain. Et pour donner un exemple du second cas, nous nous contenterons de citel' le parag1·aphe 8, Ile l'a1·t. 555 du Code ciYil : « Si le propriétait"e préfere consence ces plantations et constructions (faites par un tiers ayec les matériaux. de celui-ci), le propriétaire doit le remboursement de la Yaleue des matériaux et du pl'ix de la main d'œuvre, sans éga1·<la la plus ou moins grancle augmentation de Yaleur que le fonds a pu 1·eceY0Îl·. » Dans les deux. cas, Yoilà un homme, le prop1·iétaire, qui s'enrichit d'une Yalem· qu'il n'a nullement créée : clans le premier, cette augmentation de Yaleur est due aux forces natueelles ex.clusiYemcnt; dans le second, elle est duc au frayail joint aux. forces inhé1·entes au sol. Eh bien, nous disons que ces deux. ·rnleues nom·e!les, pom· ne point constituer des priYileges, ne pem·ent qu'appartenir à tous, à la sociéte; car pour le second cas lui-même, où l'augmentation de Yaleur provient en grande partie du traYail d'un homme, il suffit en toute justice que ce dernier soit dédommagé complètement <lece qu'il a dépensé en matériaux. et en traYail. Nous disons clone qu'à la société seule peut appartenir le droit d'accession sur ce qui s'unit et s'incorpore à la terl'e. La rente foncière. Le droit d'acce~sion et la rente se tiennent de pres, car dans beaucoup de cas l'un produit l'autre; souvent l'accession confere à la terre une plus-rnlue, qui pour le propriétaire constitue une rente. Quelle que soit l'origine premiere de la rente, soit que l'on admette ayec Ricardo que les terres fertiles ont été cuitiYées d'abord, que la rente s'est formée successiyement par la mise en culture des terres moins fertiles et sert à exprimer la plus grande fertilité naturelle des premieres terres sur les secondes, ou soit que l'on admette avec Carey que les terres les moins fertiles ont été d'abord
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