La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

DE LA PROPRCÉTÉ COLLECTIVE 647 ti-re. Nos tendances économiques nous y pous:ent, la logique des faits nous y mène. ·La propnété collecti't;e, telle est donc la forme que reyêtira l'appropriation territoriale dans la société future. Voila ce que l'observation attentive et impartiale des phénomènes sociaux nous permet de prévoir. • Mais comment faut-il conceyoir cette propriété collectiYe? Jusqu'où s'étendra cette collectiYité? Se1·a-t-ellerelatiYe seulement aux groupes agricoles, ou bien sera-t-elle relatiYe a la société entière? En d'autres teemes, le sol peut appartenil' collectï-vement à une as- ::;ociationagricole indépendante ; il peut appartenir d'une façon indivisc à tout l'ensemble <lesgeoupes agricoles, d'une nation <l'abord puis d'une fédération de nation1>; on bien il peut appartenir à la société entière et être cédé conditionnellement aux associations ag,·icoles, et mème, en attendant la création de ces associations, aux fe1·miersaci,uels. li est difflcile sinon impossible, dans los circonstances actuelles, <l'affirmer à p1·io1·i que la propriété collectiYe ex.istera plutôt de telle manière que rle telle autre; rien, dans l'observation des phénomènes économiques ne nous monti-e que la société, prise dans son ensemble, tende plutôt Yers tel modo que vers tel autre; tout'au plus pourrait-on dire que tel mode comient mieux à l'esprit et aux traditions de telle 1·ace. C'est donc ici, ,want tout, affail'e cleraisonnement. Aussi, est-ce ici que se montrent les opinions diverses, les écoles et les systèmes. La plupart de ces opinions ont leurs partisans au sein de la section bruxelloise; c'est pourquoi et à seule fin d'éclairer les débats du Congrès en cette matière, qui n'est pas ùu reste une question ,le mise en pratique immédiate, mai~ plutôt une question de l'aYenir, nous avon:- cru devoir nous contenter de citer les principales hypothèses ayancées dans les discussions de notre section, ayec les pl'incipau~ motifs qu'on allègue en faveur tle chacune d'elles. Et d'abord, le système le plus èlémentaire, celui de la proprièié foncière appartenant a des associations agricoles lib1·es et indépendantes, invoque surtout en sa faveur les deux avantages suiYants : 1 ° Il place le travailleur agricole, copropriétaire d'une grande exploitation rurale, dans la même condition que celle qui, dans la société nouvelle, sera le partage des travailleurs de l'industrie, copropriétaires de l'usine ou de l'atelier, 2° Il soustrait l'association à toute in-{1,uencede l'État ou du pom,oir communal, in-fl.uencequi pourrait _être source de privilège et de despotisme. Dans ce système, la rente foncière existerait plus ou moins,elle se confondrait avec le rembouesement <lesavances faites à la te1Te par le cultivateur, c'est-a-dire que le produit net et le produit brut se confondraient. Lo mot association étant tl'ès vague, on peut a ce sujet se deman~

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