La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

DE LA PnOPRIÉTÉ COLLECTIVE 643 il anit précéclomment solirlal'isé <lans le groupe des travailleurs intliYi<lucl!:C;.c moÙYemcnt,suiyant sa pente natm·Pllf', cloHsons p0n relier enfro elles les sociétés <leprorluction dcji:t fon<lées,perfectionncr leurs statuts, en crée1' partout de nouyelJes, puis,par la Bai1<1ue llc crédit mutuel, amener !"échange réciproque des produits entre tous ces g-1·oupesindustrieb, permettre aux traYailleurs à leur tour d'employer a leur peofit les machines et la force collectiYe, et frapprr au cœur la centralisation capitaliste et le monopole. Né <l'une idée dîntcnention collcctiye des trayailleurs dans le jeu des lois économiques, idée opposée aux laissez-faire tles econ9mistm,, ce mouyemcnt aboutit au mutualisme, c'est-à-dire i:t la vraie concurrence, laquelle ,-eut que les concurrents soient muni: d'armes égales pour le combat. Ces deux monvcmcnt.s qui se dessinent si nettement clans l'industrie pl'oprnmcnt <lit.c,sont à peine perceptibles <lans l'agriculture. Et ceci no doit pas nous étonner, l'ill(lustric agricole ayant toujours été en 1·ctar<l sur ses sœm·:. Oepenclant, en Angleterre, en même temps que lcs1·ichesses mobilie1·csse concentrent en quelques mains, la prop1·iété fonciéec suit la même mie, bien que pour des causes un vcu différentes. Les reg-ist1·cs<lucens de 18Gl M•mo1it1·c1iqtuo le nomlwo ,le prop1·iétaires fonciers s\ est réduit ,le HU)34 qu'il élait en l 831 à 15.0GG en 1861 ; la concentration s'est ainsi accrue de 11 0/0 en 10 annccs. « Si la concentration de la propriété fonciér0 dans la main cl'un petit nombl'O, dit à ce sujet un manifeste Lles travailleurs anglais, suit toujours le même prog1·ès, la question de la propricté te1Tito1·iale sera sing-uliè,·cmcnt simplifiée, comme elle l'était dans l'empire romain, quand Néeon laissa errer sm· ses lèYres un fêt•oce sourire a la nouYelle que la moitié de la province fl'Afi·ique appaL'tenait a six cheYaliers. Arl'iYce a cé dcg1·e cxtt·ême de concentration, la question de la propriété terrienne ne peut guere souffrir de difficultés en Angleterre; et elle <loitii·révocablement s'y résourll'e dans le sens de la propl'iété collectiYe du sol, parce que le peuple anglais, habitué à la grande culture ayec tous ses ayant.ages au point <levue agl'icole, les assolements, les machines, les amendements, les prail"ies, les engrais animaux, ne peut pas rcyenir au morcellement agricole aycc ses conséquences: la jachere, la culture à la bêche, le manque d'engeais, la suppression des bestiaux et, par suite, clcla Yiande; et parce quo, d'ailleurs, de J'ayeu de Stuart Mill, l'idée du paysan-propriétaire indiYiduel du sol paraît être étrangere à l'esprit anglais et n'y péneti-e pas facilement.» (Stuart Mill, Economie politique, livre II, ch. VI, paragr. I). En Belgique, la propriété territoriale t.end aussi à se concentrer,, bien que dans une progression infini-ment moindre qu'en Angleterre

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