La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

DE LA PRO?RitTi COLLECTIVE 641 a-dire procurer au.genre humain le maximum .possible d'alimentation, elle ya directement a l'encontre de l'antre destination de la propriété foncière, car elle crée entre les hommes un état d'inégalité et de subordination sans pareil. En effet, quel état plus contraire a l'égalité de cette hiérarchie a trois degrés, composée de quelques land-lords oisifs, jouissant de reyenus fabuleux et ayant chacun sous leur dépendance quelques grands fe1·miers on seigneurs de second ordre, lesquels a leur tour dominent sur toute une plèbe de domestiques, de garçons de fermes, de journaliers et ,le salariés agricoles. Au contraire, la propriété française moi·celée et cultiYée personnellement et isolément pae le pay:--anpropriétaire, système absurde au point ,le vue agronomique et qui dès lors manque également. le rôle social de la propriété ;terrienne établit au moins par sa généralisation une égalité ·relatiYe entre '.les traYailleurs ruraux et est, a ce point de YUe,bien supérieure a la prop1·iété anglaise . . .. . . On le Yoit, chacun lle ces deux :--ystémes,préscn te une lacune. Que chercher? Allons-non:-- faire de l'éclectisme ? Allons-nous nous rallier à quelque système hybride soit a celui de la grande propriété avec la petite culture, soit à celui de la grande culture aYec la petite propriété ? Allons-nous préconiser la propriété moyenne ayec la moyenne culture, c'est-à dire le système du fe1·- mier propriétaire ou du fermier prenant la terre à bail a quelque moyen propriétaire, mais ayant, en tout cas sous ses ordres des salariés agricoles ? Ou bien, allons-nous, ayec un économiste français M. Baudrillart, yerser dans un éclectisme d'un ,autre genre en nous prononçant pour une situation qui prenne à la fois un peu du s.rst.éme frauçais et.un peu du système anglais en faisant exister ces deux systèmes côte à côte dans un pays,,et penser ainsi arnie co1·- rigé les inconYénients de l'un en lui juxtaposant les inconvénients de l'autre, comme si 1 et 1 pouvaient faire 0? Non, nous laisserons faire l'humanité, nous lui laisserons réaliser le double idéal qu'elle poursuivit lorsqu'elle enfanta la propriété. Or, lorsque l'humanité a à résoudre de ces antinomies comme celles de la pet.ite et de la grande propriété, de l'égalité pour tous, ce n'est jamais ni par voie d'élimination, ni par voie d'éclectisme qu'elle procède, mais par voie de synthèse. Elle réalisera donc une forme <l'appropriation qui soit aussi favorable (plus favorable même) à l'égalité que la petite propriét~ individuelle, et aussi favorable {plus favorable même) a la production agricole que la grande propriété individuelle; une forme d'appropriation qui résumera à la

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