La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

(140 LA HEVTJE SOCIALISTE imaginées pour lui tlonner ces diverses façons. On a pu se convaincre de l'immense importance de l'industrie des machines aratoires en Angleterre et des 1lébouchés qu'elle y rencontre, par l'étenclue qu'elle occupait a l'Exposition uniYerselle; on comptait près cle trois cents exposants ile cette catégorie, Yenus de tous les points du Ro.nrnme-Uni, et parmi eux il en est, comme les Garett et les Ransonne, clans le comté de Suffolk, qui emploient des milliers d'om-riers et font tous les ans pom· des millions d'affaires. » La gran,le culture marche ordinairement clepair avec la grande prop1·iété teni toriale, la petite culture ay~c la petite propriété; nous disons ordinairement, parce qu'il est, en effet, à cette règle de notables exceptions. Si d'un côté, l'Angleterre proprement clite nous offre généralement le spectacle de grands pl'Opriétaires, affermant leurs terres a un nombre <le feemiers assez restreint; et si, ,l'un aufre côté, la France (à. l'exception Llecertaines régions et notamment de la Normandie) nous présente généralement le spectacle cle petits propriétaires cultiYant par eux-mêmes un sol excessivement morcelé, d'autres contrées nous offeent des exemples diamétralement opposés. En Irlande, nous trournns la grande propriété ayec la petite culture, le propriétaire foncier affermant le sol par parcelles à de petits culti rnteurs ou cotagers, dont la position est on ne peut plus précaire. En reYanche, en Belgique, où l'on trouYe en même temps la petite culture ayec la petite propriété, comme dans le pays de ·waes par exemple, et la grande propriété moyenne, comme par exemple sur les terres du duc d'Arenberg, du prince de Chimay, etc., on tt·ouye aussi des exemples ù'une combinaison ùe la petite propriété ayec la grande culture moyenne; on Yoit parfois, dam; certaines de nos province::;, un gean,l fermier prenant a bail les te1Tes ùe plusieurs petits propriétaires. Quoi qu'il en soit de cette coexistence de la petite propriété ayec la grande culture et vice versâ, toujours est-il que presque pal'lout petite propriété entraîne petite culture, et que, dans le cas exceptionnel d'une grande culture coïnciclant ayec de petites propriétés, nous avons la affaire a une combinaison que nous pouyons admettre au point de yue de l'économie sociale, parce qu'elle nous donne à la fois et le :alariat agricole et la rente payée a des particuliers non cul ti\·ateurs. Et, du reste, elle a cela de commun ayec la combinaison où la grancle propriété individuelle coexiste ayec la grande culture , comme en Angleterre. Or, si cette grande propriété indiYiduelle alliée a la grande culture, est ce qu'il y a de mieux. aujourd'hui pour l'économie rurale, parce qu'elle satisfait aux exigences de l'ag1·iculture moderne et est ainsi conforme au but purement matériel que les hommes ont poursuivi en s'appropriant le sol, c'est-

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