La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

DE LA PROPRIÉTÉ COLLECTIVE 639 exemple, le petit cu_ltiyateur propriét.airo (leplusieurs lopins do terre, di~s(•min(•f-à1traYCl'Rlef-1charnp8 dcf-1YOÜ,i1rne,st obligé de perdre une g1·arnlc partie de son Lemps à S(' tt·anspol'f.r1·d'un lopin à l'autl'e pa1· des chemins exces 'ÎYC'ment multipliés. Ainsi, dans les pays de petite peopeiété et <le pc!ilo c:ultme, les passages et servitudes emportent, aYcc les haies, mu1·ailles, clôtm·es, derrière lesquelles se cantonne le prop1·ièt.aire méfiant et farouche, une grande poetion du sol. C'est cc 11uP les physioct·ittes aYaient fort bien comp1•is, et c'est chez eux paraît-il, que Fom·icr puisa en pai·tic se~ idées sur les ayantagcs d'une cultu1·c cl'cnscmblo: « Que les lC'tTesemployées à la culture, clit Qucf-lnay,soient réu11ies en grandes fermes, car il y a 111oürdne dépcnsC'spout· l'entection ot la 1·éparntion des bâ.tirno11ts et, à proportion, beaucoup moins de frais clans les grandes on treprises d'agricultu1·0 quo dans les petites. » Oc n'est pas toul. Un clC'sfaits dominants de la phase économiquo quo nous trave1·sons, c'est l'application clo plus en plus étoncluo do doux g1'amles forces éco11omü1ues à la production, dans tous los tl'aYaux où ces fm•ccs écono111ique~ pC'uvent augmenter la. Rommo!los pPorluibi : nous youlons pal"IC'r<lela force collective et de la machine. Vt•vant CC't!etendance i1·ré•sistilJIP(sui· lar1uclle nous 1·oyiend1·011s plu:-i loin), nous avons M•jit vu, <lans l'indust,·ie p1·op1•pm011dLilei une fouIl' de pC'lilspait·ons cl d"homnws établis dispa1·aî!1·0tlovant la co11cm·1·enco,lo g1•afülF-cntrt'J>t"t'nt'ut·s ou <l'associa.lions clo capital istos, qui seuls pouvent 011p1lo_rct·lPs grandes m<.'•caniuc1cs ot profifot· 1luHllt'Cl'oitclopro1luction <[Ut' fout·nit le manœuvromcnt, avec onsemblo et ayec unité d'une légion 110 tl'aYaillours sahwiés, combinant leurs efforts. Ot·, s'il t'st unC' irnluslt·i(l où la force collective est d'une application néccssai1·e, c'est à coup sù1· l'agriculture: cel'taius trayaux agt·icoles, tels que le cléf1•ichcrncu!,les vendanges, la moisson, la fenaison, sont même les types par excellence tlc l'application de cotte fot•cc. Et s'il est aussi une iudustl"io où l'intl'Oduction de la machine est nécossail'c et se fera inYiuciblemcnt, c'est encore l'agricull ure. Mais l"applicatiou, sur une yasio échelle, do ces deux grandes forces économiquoi; aux tnwaux ag1·icolcs n'est guère possible avec la petite culture parcellaire, tandis qu'a.yec la grande culture rien n'est plus facile. C'est ce qui fait que l'agl'iqulture anglaise est la seule qui, jusque maintenant, se soit seni générnloment des nou.-eaux engins mécaniques. « La terre no demande pas seulement des engrais et des amendements, dit M. Layorgne; elle a encore besoin d'être creusée, nivelée, sarclée, assainie, t.rayaillée dans tous les sens, pour que l'eau la traverse sans y séjourner, pour que les gaz atmosphériques la pénètrent, pour que les racines des plantes utiles s'y enfoncent et s'y ramifient aisément. Une foule de machines ont été

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