La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

l>E LA l'nOPntÉTJ:; cor,r,ECTJV~; 637 site de fixer <leslimites aux em·ahissements des colons les uns sur les aut.i·es et d'établi1· enti-e eux une certaine égalité, amenc cette érnlution. Maintenant, écoutons Proudhon sur le même sujet : « L'agriculture fut le fondement de la posses:=:.iotnei-ritoriale, et la cause occasionnelle de la propriété. Ce n'était rien d'assurer au laboureur le fruit. de son trayail, si on ne lui assurait. en même temps le moyen de produire : pour prémunir le faible contre le:=:. cnyahisscments <lufort, pour supprimer les spoliations et les fraud<?s, on sentit la nécessité d'établir entre les possesseurs <les ligne:=-de démarcation permanentes, des obstacles infranchissables. Chaque année YOyait se multiplier le peu pie et accroitre l'aYi1lité cles colons; on crnt mettre un frein a l'ambition, en plantant des bornes aux pieds <lesquelles l'ambition viend1·ait se b1·iser. Ainsi le sol fut appl'op1·ié par un besoin d'égalité nécessaire a la sécurité publique et a la paisiblejouisance de t:hacun. Sans doute le pai·tage ne fut jamais géogl'aphiquement égal; une foule de droits, qucl<ptcs-uns}ondés en nature, mais mal inte,·prétés, plus mal encore appliquc•s, les suce:'lsions, les donations, les échanges; d'auti-es, comme l<?s1n·iYilegcsde nais ·ance et ,le <lignité, créations illégitimes de l'ignorance et de la f'orcc brutale, furent autant <lecauses 'qui empèche1'e1lt l'égalité ab:=:.olur. Mai:=l-e pr'Ïllcipe n'en demeura pas moins le même : l'égalité ayait consac,·é la possession, l'égalité consac1·a la p1·ot))'iété. » (1.. Mémoire su,· la propriété.) D'une pad, la nécessité tout.ematérielle d'acc1'oitt·e la [)l'Oduction, en un mot. les exigences de l'agricultm·e, tl'autre pal't, le désir d'établir une ce,,taine égalité enfre les colons, tels paraissent être les motifs en nie ,lesquels rut instituée la propriéte foucie1·eindiYiduelle. En d'autres termes, nour1fr le genre humain et faire régner l'égalité entre les hommes, tel nous pa1'aÎt êti'e le but en nie duquel l'humanité a spontanément fait passer le sol de l'état de non-appropt'iation où il se trournit primitiYement (comme il l'est aujourd'hui encore chez certaines peuplades) a l'état de propriété indiYiduelle. Donc, donner à. l'homme le pain et l'égalité, telle est la destination, la fonction, le rùle social en un mot, de la propriét.é foncière. Pour arriye1· a cette fin, c'est sous le mode individualiste, c'està-dire, sous forme de propriété indiYiduelle, que l'humanité fonda la propriété et ayec elle la société ciYile. Seulement, il nous reste a voir si aujourd'hui les mêmes motifs qui déterminerent alors l'appropriation du sol sous forme de propriété indiYicluelle, exigent encore le maintien de cette forme toute primitiYe ou ne demandent pas l'application d'une nom·elle forme d'appropriation. Pour que la terre fournisse aux hommes son maximum de produits, il est nécessaire d'appliquer au trayail agricole toutes les

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==