La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

DE LA PROPRIÉTÉ COLLECTIVE 635 Mais quelle es(, poue Proudhon cette mission sociale clela p1·opriélé foncière iJHliYiduelle? C'est de servir de gal'antie ,l'inclépendance el. de libc1·Lé à l'individu vis-à-vis de la sociét(,, Yis-à-Yis cle l'État. Or, il est à l'emal'quer que pour <1uecette garantie <lonnée a la libedé indiYi<luelle ne soit pas illusoire, il fauLque le dÎ'oiLdu JWOpriétaire 1:,ur sa letTC soit aussi absolu que possiblP, il faut que l'l~tat ne puisse jamais, pom· cause d'utilité publique par exemple, apporter une restriction quelconque à cc droit <le p1·op1·iété,sans cela au diable la ga1·antie! Mais en Yonlant établit· une si forte gal'antie d'intlépPrnlance in<livi<luell0, qtH'llo g-aranti_cdonnc-t-on a la socié(,é Yis-à-vis de l'absolutisme lll'Op1·iétai·iste? Ensuite, dans une société basée sur la justice, il t'au<ll'ait que cette gm·antie d'indépen,lance indiYi<lucllc exisb\.t pont· tous, que pa1· conséquent cha0tm eù(, sa part cle p1·op1·iété foncièt·<', cc <1ui n'est pas ml111issiuletians uno société co11111iela nùLt·e uù, à t<îlé du l'industt·ie ag1·icole, existent les in,lusll·iPs cxtractiw, Yoilu1·iè1·c', cornmc1·c_:ante,manufacturièl'c, etc. Chacun pour1·ail, il est ,Tai, arnir sa part de la p1·op1·iété foncière, à cornlition <1nell's pat·ls restassent, ind iYises, formassent une 1)1'opriélé collt•c·ti,·c; mais <levant la 1,hè~usoutenue, crue hypolhèsl' est conti-adicloiro. Ou nous clil'a pcut-êtl'e qu'il s'aµ:it, non pas <l<'i'om·nir à chaque irnliYidu une garantie d'il](lépendance vis-à-vis <le l'État, en lui attribuant le ,lomaine l'minont sm· une pot·t.ion du sol, mais <lecréet· un .grand corps social, celui lles pa,rsans-p1·opriétaires, qui, eu vel'Lu de son dl'oit ,le 1n•opt•iété sm· le sol, puisse c·onfrc-halanccr lînfluence clc l'l~tat; il s·agit, en un mot, de fain, d0 la p1·op1·iéféfoncière une sorte de fonction politique dcsscnie par lP corps des eu1t,inücut·s-propriétaires. Mais il cela on p<•ut1·épliquer: quo lîn<lépell(lance de ce grand corps social n'exige pas nécessai1·ement l'appropriation indiYiduclle du sol, et s'accorde tout. aussi hieu aycc l'appropriation collectiYe du sol pat' <les Associations ap-ricoles on même par tout l'ensemble des ~roupes cle li-ayailleurs ruraux; ,!ans tous les cas, 11 faut alors ajoute1· que la propriété foncière quasi absolue, étant ainsi attribuée à un corps, par là même pt'iYilégié et, prépondémnt, l'État, la Société entière, pourrait bien ètt-e linée sans merci a ce corps tout-puissant. Cc n'est <loue pas dans l'existence de la p1·opriélé imliYi<lnelledu sol, que nous chercherons une garantie d'indépendance et de liberté iml i,·itluelles; scion nous, cette in<l~pendance relat.ive ,le chacun "isa-Yis de Lou· (c'est-à-di1·e de la solidarité dr. chaque intliYidu ,l'un groupe quelconque a Tee ces couf1•è1·esdu même g1·oupe, et <lechaque groupe avec les autres g1·oupes), et non de l'indépendance complète d'un corps quelconque Yis-a-Yis <lureste de la société. Par conséquent, ce n'est pas non plus dans l'existence <lecette

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==