REVUE DES LIV.RES 629 Le gouvernement étant constitué de la façon la plus véritablement utile à. l'accomplissement de sa haute mission, André Godin lui indique nù il pourra, sans susciter de troùbles ni de conflits sociaux, trouver équitablement les ressources nécessaires à. l'État pour l'entretien, le développement des services publics et l'institution des garantie!! de l'existence en faveur de tous les citoyens sans exception. Poser un tel problème et en indiquer la i!Olution prouve de quelle puissance intellectuelle et morale And1é Godin était doué. La suppression progressive des impôts, l'amortissement d_ela dette publique, l'é'-luilibre maintenu en permanence dans les budgets de l'Etat, ~ésultent également de sa JH'0position d'institution du droit d hérédité de l'Etat, pour une part à déterminer, dans les successions. Des tableaux, d1·essés d'après les Bulletins de statistique et de législarion comparée du Ministère des finances, et des calculs approfondis montrent, à qui veut aller au fond des choses, qu'André Godin a fouillé la question en homme pratique, et que le plus sage, en présence de l'énormité du problème, est de faire comme lui. Mais il ne s'est pas borné dans c~lte partie de son ouvrage à exposer les immenses avautages de l'institution du droit d'hérédité de l'Etat pour une certaine part dans les fortunes délaissées à la mort; il a fait ressortir la légitimité de ce droit, au point de vue de la plus stricte équité, en raison de l'aide considérable que le domaine naturel et le domaine 11ocialapportent, chacun de son côté, dans l'édification de toutes les fortune!!. Simultanément avec l'organisation du droit d'hérédité de l'État, André Godin propose l'ét1tblisscmcnt d'un vaste système d'assurances mutuelles communales garantissant à tous les citoyens l'exercice du droit de ,·ivre, dans des conditions ne prétant à aucun abus. Rappelons ici que celui qui ·parle a constitué ces mêmes garanties en faveur de plusieurs milliers de personnes dans son Association du Familistère, et y_ueces garanties fonctionnent depuis plus d'un quart de siècle; donc, là aussi, il a étudié le sujet d'assez près pour qu'on n'écarte pas sans examen ce qu'il propose. Ce problème de premièrtl importance, l'abolition de la misè1·e étant résolue, Godin pa~se dans la troisième partie de son ouvrage à l'organisation et l'émancipation du tl'avail. li montre que le défaut d'équilibre entre b. vroduction et la consommation, dès les débuts de la grande industrie, doit être attribué à l'imprévoyance sociale. Il fouille les causes de conflits entre ouvriers et patrons, les douleurs et l'inefficacité des grèves; il expose l'insutfisance de la loi sur les syndicats professionnels pour remédier aux souffrances des classes ouvrières. Il fait voir que cette loi dépourvue de sanction nécessite d'impo1·tants compléments, et il propose les modifications ~\.y introduire pour mettre réellement les ouvriers en situation de se servir de cette loi, en faisant d'abord que travailleurs de tous ordres, ouvriers et patrons, soient syndiqués de droit. En sa qualité de chef d'atelier, il fait ressortir, avec une éloquence pom· ainsi dire vivante, les bienfaits sociaux qui résulteraient de l'organisation et de l'émancipation du travail; comment la consommation et la production étant toujours en équilibre, l'activité et l'abondance règneraient partout: comment il serait possible de lrouver, dans cette organisation méme, le moyen de régler les questions de concurrence internationale industrielle. Nous avons indiqué le titre des quatrième et cinquième parties de l'ouvrage Daus la quatrième : La Réuolution (ranççiise et le ,ocialisme, le lecteur
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