La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

028 LA Hl<.:VUE SOCfALI:STI~ La République du Travail et la Réforme parlementaire comprend cinq parties. La p1·éface intitulée : Les trois réformes (onclamcntales indique avec concision et netteté par quoi il faut commencer pour sortir de l'impasse où l'on se débat entre l'urgence des réformes et l'impossibilité de se procurer les ressources nécessaires pour y faire face. Ces trois réformes fondamentales font chacune l'objet des trois premières parties du volume. Elles sont désignées comme suit : Première partie. - L'organisation vraie de la puissance sociale. Deuxième partie. - L'établissement équitable des ressources de l'État et l'org'rnisation du droit de vivre. Troisième partie. - L'organisation et l'émancipatior. du travail. Avant de reprendre chacune de ces trois parties pour en indiquer les points principaux, disons que la quati·ième est intitulée : La République française et le Socialisme; et la <'inquième: La policique des gouuernements de privilèges et celle de la République du tr:rnail. Enfin, dans un dernier chapitre intitulé Conclusion, André Godin indique aux électeurs et aux 1randataires Ju peuple ce que le devoir leur commande aujourd'hui pour opérer, d'une façon régulièrn et pacifique, l'évc,lution inéluctable qui se J>réi:,aredans nos sociétés. Revenons aux trois 1·éformes loudamentales, but spécial de l'œuvre de JeanBaptiste-André Godin. La première, avons-nous dit, a pour but l'organisation vraie de la pui~- sance sociale. L'a11teur, après avoir montré que les droits politiques et sociaux sont corrélatifs du droit de vivr1Jque l'homme apporte en naissant, passe en revue les modes d'exercice du droit de suffrage usités jusqu'ici. Il en montre les vices, explique les causes d'errement du suffrage même et, enfin, démontre que le moyen de remédier à tous ces maux est d'instituer .. l'Unité de colU·ge électoral avec scrutin ·ùe liste et renouvellement annuel de la moitié des corps élus. » Chaque électeur aurait la faculté de porter sur son bulletin autant de noms qu'il y a dû départements des affaires publiques ou de ministères, soit dix par exemple. De cette façon, non seulement l'égalité existe entre les électeurs votant tous uniformément, d'un bout à l'aut1·e de la France, pour un même nombre du députés; mais encore l'électeur peut exercer, par le choix de ses candidats, une légitime influence sur la genéralité des intérêt!! de la patrie. André Godin démontre comment son système réalise pleinement h représentation proportionnelle, desideratum jusqu'ici si difficile à atteindre. Mais il faut lire les chapitre~ : Le bulletin cumulatif, Le mandat impératif, La législation directe. Les plébiscites et l'appel au peuple, Le scrutin de lisle 11ational dans les Etals fédérés, etc., etc., pour voir comment le système électoral proposé par André Godin répond victorieusement à tous les besoins. li pa~se ensuite à !"exposé des conditions du gouvernement mandataire qu'il oppose au régime parlementaire, après avoir, avec une vigueur entraînante, mis en relief les vices de ce régime. La réµartition des députés dans le1:1comités ministériels, la constitution de la commission exécutive et gouvernementale, l'organisation du travail des corps législatifs, la suppression des discussions publiques et même de la tri-' hune, et, co!lcurremment l'organisation du service de la presse pour la mise eu lumière des travaux parlementaires, tout est étudié et exposé par Godin avec une ampleur et une sagesse magistrales.

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