REVUE DES LIVRES 627 « Qu'est-ce en effet, que la société de consommation, sinon la suppression du conflit entre le vendeur et l'acheteur~ » « Qu'est-ce que la société de crédin la suppression du conflit entre le prèteur et l'emprunteur. « Qu'est-ce que la société de prodnction 1 la suppression du conflit entre le patron et le salarié. « Voilà mon rêve : je souhaite qu'il devienne aussi le vôtre. » Le rêve de notre ami Œde est aussi le nôtre, commente M. de Boyve, il se réalisera - nous en sommes convaincus - mais, dans combien d'années 1 Voilà ce que nous ne savons pas. Cela dépend du temps que mettront les sociétés françaises à former une vaste union pacifique, fédération ou syndicat., pour marcher en avant vers la solution de tous les conflits entre les hommes d'un môme pays afin de préparer et de réaliser ensuite la solution des conflits entre les hommes de toutes les nations de la terre. Nous n'ajouterons qu'un mot; la coopération est l'un des confluents du socialisme; entendue comme l'entendent nos col'eligionnaires belges de Gand et de Bruxelles elle est un facteur important de l'émancipation ouvrière; mais elle ne doit pa$ nous faire négliger les moyen~ plus efficaces et plus expéditifs de l'interventionnisme social et do la conquête des pouvoirs publics, but capital des prolétariats et du socialisme contemporain. B. MALON, La République du travail et la Réforme parlementaire, par André Godin, fondateur du Familistère, Paris, Guillaumin et cumpagnie, prix 8 fr. Ce livre est le premier de la série d1Js œuvres posthume~ de Godin dont un dévouem_ent pieux a commencé la publication, et il est destiné à produire une impression profonde autant par la force de la pensée que par le sérieux et la praticité des réformes proposées. Mme veuve Godin, l'é<litrice des manuscrits de l'homme éminent' dont elle fut la si digne, si éclairée et si dévouée compagne, fait précéder la République du 'I'rauail de ces lignes touchantes : « Lecteurs et amis de mon mari, c'est avec une profonde émotion que je vous présente ce livre. M. Godin le terminait avec une hâte inexprimable, en face des difficultés sociales croissantes, quand, hélas! son décès est survenu au commencement de la présente année. Pa1· testament, il m'a fait l'honneur, honneur plein de bonté, de tendresse et de confiance, de me laisser le soin de publier ses manuscrits. Ma volonté est de m'employer à cette tâche avec autant de religieux respect que de profond amour. Ce livre est le premie1· que je publie dans ces conditions ». La pensée suprôme de Jean-Baptiste-Anrlré Godin est dans ces page$. Cette pensée a été fortifiée des enseignements de toute une vie consacrée à l'émancipation pratique du sort des homin~s. Puissent les amis, les lecteurs d'André Godin, attacher à ses dernières paroles le prix qu'elles méritent, s'en inspirer dans leurs actes, et la pacification sociale aura fait un grand pas. Que si, en effet, le pl'Ogramme de Godin était appliqué, la transformation sociale serait en bonne voie, on pourra s'en convaincre en lisant cette œuvre consciencieuse et forte, La confidente de la pen~ée de Godin, qui elle-même sait p,mser, éc1·ire et agir, nous donne une idée très nette de la Rép.ublique du 'I'rauail dans le, 'lignes sui vantes ;
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