La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

594 LA REVUE SOCIALISTE Loute marchandise son ü-avail reçoit le 1wix <lu ma1·ché que l'effet 110l'offre et de la dcmanclo clétermine. Est-il nai que dans CC8 conditions, il n'obtient pas iout le p1·ix rlc son ir,wail? Pas besoin d'une longue clémonsti·alion pou1· JWOUY<'t· à M. Vollard • <1uel'oun·i0r n0jouit pas <l'une entière libc1·té en cc qui louche la discussion llu p1·ix <leson ti·avail, rt poul' lui apprrnrlt·e que lorsque le tra1,1i11eur n'est pas poussé par la faim immédiate•, il est pous~é par la fln médiate. En effet, le lavs dr trmps 1rn111lantlec1uel l'ouy1·i01°peut résisLcr aux patrons, et Mhatt,·c a-vec PUX son salai,·e n'est pas hien g1·arnl. Les OU\ï'ÎOJ'S les plus aist'·s JWUH'llL pat·f'ois alLend1·e qurlc1tH'Ssemaines, mais la mass(' clrs aulr0s ne peuYCllt 1·c'sic1·sans lra,,1illr1· plus de qu<'lqnrs jorn·s, de qn0lq110s hPu1·es parfois, sans êlt'(' (c11aillés pa1· la, faim. Et. lorsqu'ils rc•colll'<'nt à la coalition, a la p:r0n-, c'est lo1·s11u'ilsy son! poussés par les frop grandes d irop cynic1urs exigences pafronales, lcwsqu'on baisse leur salaire, de Lrllr sode qu'ils rn• i1·om·rni plus l<' moyrn rle snbYenit· aux. vlus grnndt's nécessilés. La grèYe rloit. êfrc considérée plutôt commr une protedion ronti·r les 1•apaci(c;s patronalrs, un cri rlc colèt'<', unr l'l'\ oUe confrr l'affa111cmrnt c1u'on Yrut f'ai1·esubir aux om-riet·~, qur rommr une ,u•nw <l'am(,lioratiou 11a1·requ'on sni( hicn que les grèves - à ac, r,u·e~ cxccplions - ne réussissent jamais. Plus loin M. Volhml rléclai·c qu'il n'est pas v,·ai que le salaire de l'ouvriersnitstricternent égalàsonenll'etien. Toutes les caisses d'éparg'l'le du moncTecivilisé, dit-il, protestent <'Onll'ceelle affirmation, aussi bien que la diffusion de la 1 ente et de Lapetite propriété dans le$ mains d'un ·,wmbre immense de travailleurs qui sont parvenus à l'aisance par le travail, l'ord1•é et l'économie. Nous sommrs sur le 1n·01ni01p·oint., d'llcro1·(1ayec uoh·e contradicteur, maii-;où nous cliffét,ons, c·l'sLlc)l'sqne nous anlrmorn; et <1 Lli'! nou~ maini<'HOllHcontrni,·c,ment ù lui,quc Ki le salaire de l'ou,Tier n'mit pas égal à Hon cnt1·elien ce n'es(, pas pat'C<'qu'il est supé1·ien1· à ce <1u'exii;i:s0on cntt·l'l,ien, mais an con( 1·ait·e, bien ihfét'ieur. Et en rlépit <10sprntrslntions rlrs c;tissrs 11'épaq2;1H('trio la clifinsion <lela r0nte et <lela petit.0 p1·op1·iélé 11ons1n·c'>Lc•1Hlo11s rg e l'ottYl'icr n'a pou1· ainsi clire jamais <'Uun salairl' qui pui,;sr lni Jl<'l'mctLrr de sat.iRfaire a i-cs bcRoinR. La rnü,è1·e iles g1·ands cc11trex inrlustriel::. 1ùt d'autl'cs causes quo le rléYelo)lpcrnrnt rlu rnac-hinismc, rt l'abaisimment de~ Ralairrs qui ~11 résulte' JHll' suite cle ht sul'procluction engenclré<1 IHU' la machine. Il n'c::;t pas IJesoin tic fafrr une statistique <les Halafre~ pour montrer que partout où R'cst introduit la machin(' ceux-ci ont baissé, lrs puddleurs clrs grandes nsineR qui autrefois gagnaic11t de 8 à 12 fr. par joui· gagnent à peine 4 fr. aujourd'hui, bien que fait-mnt un mé>tier trt;s pénible qui leur nécessite une bonne alimentation. Et

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==