LECTURES ET REMARQUES 593 Dès ce moment aurait ajouté le ministre p1·ussien, l'ouYrier qui recevait la moitié du produit n'en reçoit plus que le tiers. Le capital s'enrichit, et le salaire reste le même, d'ou la conséquence que l'ouYrier est spolié... ,, La réfutation de ce postulat est par tl'op facile s'éc1·ieM. Vollarcl. Il n'est pas wai qu'ayec le concours de la machine, Je capital s'enrichit comme on lîmlique. Les frais nom·eaux qu'elle exige enlèYent une grande partie du profit que la concurrence clesmachines entre elles réduit ensuite <leplus en plus. Elle agit dans ce cas comme la concurrence clu ti•ayail om-rier. Et, d'autre part, si rouvrier reçoit moins que le propriétaire quaucl la machine est en action, c'est qu'il n'est plus seul à produire. Un nouveau facteur, un nonYelouvl'ier, la machine, prnduit aussi et plus que lui. Or, comme le tr,wail des bras, le traYail ,le la machine est une marchandise qui Yeut èti·e 1·émunérée et à laquelle on attribue par conséquent une paJ"tiedu profit. Le moulin à bras donnait jaclis un sac de farine par 'our et par ounier tandis que le moulin àyapeur en clonne cent. Dira-t-on que l'ounier qui fournit le mème labeur dam; le second cas que dans le premier cloit touche1· un salaire supérieur? Non... Ce n'est pas lui en effet qui augmente le produit : c'est la machine. la vapeur, c'est-à-dire le capital... et c'est au capital par conséquent que cet excédent de produit appartient rigoureusement. Il n'est donc pas vrai qu'en de telles conditions l'ounier ne reçoit pas tout le prix de son traYail. Vraiment l'argumentation de M.Vollarrl est bien panne. Il trouve tout naturel que le produit de la machine revienne au capital parce que c'est la machine qui c1·éa le p1·ocluit.Or, la machine appartenant au capitaliste, c'est ce dernier qui, selon lui, doit bénéficier du surplus dR procluction qu'a jeté sur le marché l'apparition de la machine dans l'industl'ie. Il ne faut donc pas s'étonner si la 1·ichesse sociale se concentre ile plus en plus <lansles mèmes mains; en continuant ainsi la société set·a clans quelques rlécades d'années, la propriété de quelques centaines de Rohchilcls. Ou pourrait, en outl'e, demanflel' a M. Vollard si c'est le capitaliste qui invente et qui construit la machine. Mais il faut croire que notrf' économiste bourgeois ne serait pas embal'rassé pou1· si peu, il trounwait bien encore le moyen de nous dire un sophisme de plus. Entre autres éteangetés, M. Vollard dit qu'on ne sam·ait nier, que l'ouvrier jouit d'une entière liberté en ce qui touche la <liscussion du prix de son travail. Il l'exerce tous les joul'S sous nos yeux, sans être poussé par la faim. Et la p1·euvequ'il l'exerce s'écrie-t-il c'est qu'il recourt, quand il lui plaît, à la coalition et aux grèves. Comme
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