ri80 L,\ REVUE sor.rALT:,;TE Tl De Paepe fut de ceux qui virent dans le m!'.•mo1•ableMeeting de St.-Martin's Hall oü fut fondre l'Association internationale des travailleurs, le 28 septembre 1864,le point de départ d"une vie nouvelle pou1· le prolétal'iat d'Europe et d'Arnrrique. Il entra de suite dans ce nouveau mouvement, et gràce it sa Yigoureuse impulsion, l'Internationale fut bientôt vivante et puissante en Belgique. Puissamment aidé pal' les v;iillants prop:1,gandistes et militants. qui ont nom Brimf•c, Steens, Hin!<.Fontaine, Roùel't. l\faHen«, .Jacob, l{ats. (le vétéran du socialisn~e flamand) Vandenhouten, Stand'.l.el't, Paul Robin, Debrouver, Delvaux, Deplanche, Zehir, etc. qui ont inscrit leu!' part de tâche dans les annales du pl'olétariat belge, dans ses luttes glorieuses pour l'éman~ipation, le jeune socialiste entl'eprit et poul'suivit avec succès cette campagne de presse de réunions ou,Tières, d'organisation de sections, qui amena en trois ans. plus de 60,000 ouvriers belges <lans les rangs de la gl'ande association et fit de Bl'uxelles, jusqu'à l'a,ènemenL de la Commune de Paris, la capitale morale de l'internationalisme continental. Voici pour le militant. L'action du théoricien ne fut ni moins ardente ni moins efficace. Il n'en pouvait être aut1·ement; le bl'illant propagandiste était aussi un penseur.et S!i part fut gl'ande dans ]'(>laboration et la propagande intellectuelle qui retirèrent l'Internationale des sables stériles du mutuellisrne proudhonnien pour la jete1· dans les voies plus scientifiques et plus fécondes du collectivisme évolutionniste. Quelques mots sur cette évolutiou doctl'inale. Le premier congrès de l'Association internation~le des travailleurs, (Genhe 1866) avait été mutuelliste à peu près sans contestations; il paraissait que les choses dussent se passer de même au deuxième congrès (Lausanne 1867). C'est alol's quïntervint l'infatigable délégué de la section bruxelloise. Dans son rapport sur la sixième question concernant le rôle de l'Etat, il glissa l'hétérodoxe proposition suivante : « ... Nous c1·oyons pouvoir indiquer comme « dignes d'être mis à l'étude, certains moyens de réforme générale proposés « par divers socialistes; la transformation des banques nationales en banques « de crédit gratuit. l'entrée du sol à lapropri/ité collective de la société, l'abo- « lition des héritages AB INTESTAT, à certains degrés de parenté, l'impôt sui· les successions en ligne directe, etc. Le texte était suffisamment explicatif; présenté par César de Paepe,le collectivisme faisait son apparition dans le,; congrès de l'Internationale. Les mutuellistes ne s'y trompèrent pas. Sur la proposition de Tolain. cette phrnse subver- ~ive fut biffée par la majorité du congrès,et les proudhonniens menèl'ent grand bruit de ce qu'ils ci oyaient une victoire décisive,et n'était qu'une partie remise. De Paepe, fort rle sa conviction, de ses études, de sa légitime influence, en appela au troisii·me congrès, qui devait justement avoir lieu à Bruxelles, en septemb1·e 1868. En attendant, il pl'épara de longue main le mémorable Rapport sur la pro• priété qui, après une brillante discussion, fut adopté par 30 voix contre t1 et 15 abstentions hostiles. La revanche était complète et le collectivisme triomphant devenait la grande idée sociale du pl'olétariat militant européen dans la seconde moitié du x1x• siècle. Mais, les mutuellistes ne voulurent pas se tenir pour battus, et dans leur bl'illant et savant organe bruxellois la Liberté, ils ouvrirent le feu contre
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