La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

568 LA REVUE SOCIALISTJ<: les aninÏaux, je n•c:onnais aussi qu'il est de notre <leYoir<leles fai1·e souffrir le moins possible et. de ne tuer que le 11ombre strictement nfressaire poue l'alimentation humaine. Je dirai plus, c'est que nous clen·ions no11seul<'rnent <'lllpèch<'1·qu'on les maltl'aiült, mais enc:01·e leu1·lH·ocurei·le pl us de satisfactions possiblC'spendant lem· existence. Xos sentim<'nts 1l'a111itit\<l'alti·uisme ne tloivent pas se borner à l'espèce humaine, mais s'étendre à tout C<'c1uivit. Le::;socialistes iloiYent aYoi1·des sentin10nts 1lC'c·ompassion, <l'altruisme pour tout C<'qui se meut. :.\fais puisqu'ils l'econnaissent qu'il est i111possible à l'humanité de Yin•c•sans p1·iYel'de Yie incousciemmC'ntou consciemment un<' foul<' d'êtres, doin'nl-ils pour CC'lapuis<1uel'espèce humaine <>stau sommet d<>l'animalité- 1)1'élC'n1lt·e 1111'el l <loi t. se sacl'ifie1· à ses frères in fét'ieu1·s, c·psf-a-d i1·e:-;era,rt•t· de ce mon<leplutôt que cle t.uee les animaux qui sont inclispensahles à son entretien. ~on, mais 1rnisque l'existt•nce n·est possihl<><1u'itla condition d'ètre Cl'iminel c•nyei·sle::;animaux, soyons-le, le moins souye1it et seulement pou1·c·e11uiest in1lispcnsable. M. Putsag-c aJfü•m(' an~e 1)1'euyes(nous les ayous <:herchées sans les trouYer) que le sociali::;meet le collec:tiYisme ne so1·til'ont du do1t1aincthc'·o1'ique,de l'aspi1·atio11sc.'nti111r11tale.pon1· entrel' dans le domaine pratique, c·cst-iHlit·c l'application sociale, que lo1·s<1ue l'<'1Teurrna.té1·ialistede la s(•nsibilité se1·aanéautie. Fai1·e d'une que:tion psychophysiologique le nœu1l1l'une question sotiologique, clep1·0µ-1·ëssocial; fail'e du pt·oblènw de la sensibilité une question de Yil' et ile mo1·t pou1' le soc-ialismp, t'c:-;t faire une Jl('tition <lelH'inc:ipes. Je m'ai·rèlc>ici pou1·cette fois, ue youla11t pm;abusc1·tlC'scolonnes dP <.:dte Ren1e qui cloiYent ètre plus padi<.:ttliè1·(•111entconsac1•frs à l'étude de 1n·obli>mesphilosophique:-; et de qu(•stions soC'iales bien moin\'iachenie, bien 111oins1·ésoh1c>que celle' de la spnsiuilité animale à laqu<'lle non seulement lous les sociali ·tes,mais encore tous les philosophes, tons les sanrnts, it l'exception tle mes malheureux conll'adid<'n1·s,onLdonné et do1111Pntla mi>11wsolulion. Tous, Louss·acc·o1·- dc>nt<'Lne•peuYent que ùtt<:01·d<'1',d<>Yanl le nomh1·e c:on.--iclérn!Jlp des faib, à attribue1· la sensibilité et l'intelligence ai.lx animaux. Le plu::; grand argument de 1\1. Putsage se ba::;esui' ce qu'étant obligés de nous senir <lesanimaux pom· not.re alimentation nous ne pouyons être c·onséqucnts axec nos 1n·rntipes en c·1·0,ranta lPn1·sensihi I ile•.Hèlas ! de cc que nous sommes dans la douloureuse nécessite' tl'agi1·ainsi, il ne faut pas en <lérluirepom· CC'lac1uenous dPYons 1•cfuscr a nos frèn's infél'icurs les fatullès qu'ils ont; que nous ne <leYonspas aYoir <le pitié pour eux; au conti·aire, nous deY011s tàc:hcr, en étant plus compatissants à leur égal'd, <lenous faire pardonner l'hot'rible· fatalité <1u'unenécessité absolue nous oblige de leur pl'ocurer. JOANNÈS SAGNOL,

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