A DES REVENANTS DU CARTÉSIANISME 563 duelle. Il en résult~ra que les êtres éviteront davantage les passions, les mauvaises actions. Mais, tant que la société n'aura pas mis tous ses membres sous les mêmes contlitions sociales, ne leur aura pas donné les mêmes moyens d"existence; ta.nt qu'elle n'aura pas perfectionné de tout son pouYoir ces cou<litionset ces moyens, elle sera, sinon la seule, du moins la plus geande coupable des maux dont elle soufh-ira. M. Putsage fait dél'iver la liberté, <le la faculté de sentir. Il se condamne lui-même, puisqu'il ajoute plus bas quo les passions sont impulsives ùe certaines actions. Et cependant la passion ne détruit pas la sensibilité, au contraire elle l'augmente. Les passions, manifestations de l'instinct,<lit notre contradicteur, sont des résultats des forces, et les forces sont incoercibles; s'il n'existait rien en dehors de l'ord1'e physique, les passions seraient toujours incoercibles; mais, s'il est possible de les soumettre a la raison, de les dieigee vers un but social déterminé; si l'homme possède la liberté de délibérer et d'agir en yue d'obtenir des effets voulus, c'est parce qu'il y a clans la natuee humaine autre chose que des passions, et que cette autre chose peut échapper a la fatalité des lois de la nature. Certainement, il y a autre chose que des passions dans la nature humaine; mais cette auti·e chose n'échappe pas a la fatalité des lois de la nature. Il y a cl'abord la conscience, c'.est-à-clire la connaissance d'un certain nombre de choses, puis la raison, c'est-à-dire la faculté qui nous fait juger les choses et nous déterminer pour celles qui nous pai·aissent le plus favorable. Mais ces facultés ne constituent pas des forces; elles n'ont d'autre pouvoir que de nous apprendre,qu'en agissant de telle tacon plutôt que de telle autre,les forces naturelles et sociales qui nous entourent nous seraient plus fayorables, plus avantageuses. Notre intelligence no crée pas les forces, elle les voit et nous fait comprendre qu'en les modifiant, qu'en les combinant, qu'en les associant et qu'en les employant dans un sens plutôt que dans un autre elles nous sont utiles au lieu de nous être nuisibles.Il en est de l'intelligence animale absolument comme de la nôtre. Toute la. différence consiste en ceci : les animaux ne dirigent pas les forces; de mauvaises, ils ne les rendent pas bonnes en les modifiant ou les associant comme font les hommes, mais ils fuient les forces qui leur sont nuisibles c'est-à-dire les choses qui les font souffrir, et ils recherchent celles qui leur procurent des satisfactions. Les animaux ont donc aussi une certaine conscience des choses avec lesquelles ils sont aux prises le plus souvent, puisqu'ils savent les discerner. Cette conscience, la raison qui en découle, en somme l'intelligence dans toutes ses manifestations,n'est chez les animaux,
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