562 LA REVUE SOCIALISTE Oui, le sentfr rsi nnc r(,sultante <lela rnatièrc,contrail'ement à ce que croit :\I. PuLsage.Sans l'action <lesagents du milieu ambiant sn1· nos srns, sans la sL1·ncturc <lenos organes sensitifs, sans la naturr <1<' nos srns, sans lec;modificrdions <1oniils sont si facilemrnt l'ohjcL, sans l'aµ;rncrmen!. pa1·Lin1licrclc la maLiè1·cYiYanlr - ag0nc0111enl dont le stade de pcl'f'cctionncmcnt cléLcrrninc la qualité et la quantité de la sensibilil{\ - nous ne sentirions pas, nous ne souffririons ni ne jouirions pas, nous ne penserions ni ne raisonnerions pas, en Mpit <lesforcesimmatéricllcs, sm·natu1·01les,<lonton fait dériver le sentir et l'intelligence. Quant à dire que, si l'homme n'est qu'un phénomène physique, s'il n'a que des incitations Ol'ganü1ues,des instincts, des passions, c'est folio <le p1·étc]l(fre fon<lcr ro1·d1·e social sur clos lois morales, sui· la raison, paece que la raison serait automatique, la Yolonté une illusion déco-vante, la morale un amlacieux. mensonge, c'est COlllmeH1·e une crrem aussi grancle que celle tle rcfuse1· la sensibilité aux animaux.. En effet, cc n'est pas parce que l'homme n'est qu'un phénomène Jlhysiquc, parce qu'il ne 1·cçoit que des incitations 01·ganiques ou des excitations naturelles et sociales, qu'il est impossible cle fon,ler l'oedl'c social sur des lois morales. Non, bien que je Cl'Oiequ'au fond, l'homme est irrc,-ponsable <le ses actions, je crois au,-si qu'il peul, dans une certaine mesure, modiflcr les actions que le,-milieux naturel et so•cïal,passé et présent,l'obligent cl'accomplir.Pour cela,il faut qur l'homme fasse entrer dans le concours <les forces qui le <léterminenL,une ou plu,-icurs forces capables <l'augmenter le contingent de celles qui le portent au bien. Or la responsabilité sociale n'a pas d'autre but. La soci(-té dcn·a toujours faiee supporter aux actions humaines un certain <leg1•étle responsabilité. De celle f.açon les mauYaises actions sel'ont toujours suiYies cl 'un cortège de peines plus nombreux. que celles que peut procurer la conscience indiYipar là, nous montrent que l'intelligence n'est que la résultante du nombre des centres localisateurs du cerveau. Pourquoi croire à l'immatérialita de l'intelligence 1 Est-ce parce que l'iutelligence est m;e propriété de notre cerveau,qui pa1:ait n'avoit· rien d'analogue avec la générnlité àes propriétés matérielles, ou parce qu'elle leur est supérieure! Il est évident qu'il parait d'abord difficile de faire dJriver les phénomènes intellectuels des mouvements de la substance cérébrale. Cependant, bien que la psychologie ne nous donne pas entiè1·ement la clef de toutes les causes de la pf;nsée, il est, je crois préférable de croire que l'ictelligence n'est qu'un des innombrables effets, qu'une des multiples manifestations de la matière, absolument comme la musique la plus imitative et la plus harmonieuse,comme le langage le plus pur et le plus riche, que d'admettre qu'elle est une propriété immatérielle, une force sans subst1·atum, un attribut surnaturel dont l'espèce humaine seule est dotée.
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