La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

lllENSONGF:S CONVENTIONNELS DE NOTRE CIVILI3ATIO~ 553 an producteur ses• produits pour les re-rendre au consommateur. c·est l'unique manière d'arriver a la réalisation de la formule "' à chacun les produits de son trarnil »; c'est aussi la seule maniè1·c d'empêcher la fraude et la spéculation, tout en sauyegardant, question non moins importante, la liberté indi-ricluelle et en encourageant l'initiati-re indi-riduelle dan~ tout ce qu'elle a de fa-rorable au bien général. En foul'Ilissant à l'in(li-ridu les moyens de p1·odnction et en achetant an producteur les produits pom· les l'e-rendre au consommateu,·, l'Ètat., reprl'Sentation impel'sonnelle de l'inté,·èt collectif', se sul.Jstitue a tons ceux qui, sous le 1·égime indiYiclualiste, -riYent <lu trnrnil cles aut,,es en les exploitant. Il est non seulern0nt le prop1·iétai1·e et le capitaliste génfral. mais au si le banquie1· et l'e11trepositai1·0 g-éuéral des p1·o<l11its. Si, comme le pl'oposc Max rorclan, les indiYidus obtenai0nt cle l'Ètat,en -riager,11ne possession roncière ou <lesfabriques, en payant un bail annuel répondant à un inlérêt équitabk rlu capital 1·cp1·ésenté par la p1·01wiété, le chef de l'exploitation aJ!ricole ou industrielle ne chen·herait, comme le prop1·iétaire et l'industriel actuels, qu'à <.'tabli,· ~a fodune sui· l'exploitation <lu ti-a,,1illeu1· et du eonsomrnateur, en payant le moins possible le traYail du pt·emier et en -rendant le plus ehe1· possible les 1n·oduits au second. Si, au contraire, l'Etat achete au proclucteur ses produit~, le pl'ix e~t partagé proportionuellement à la quantité et à la qualité clu tram.il cle chacun enlt'e tous les employé· de l'exploitation ag1·icole ou inàust1·ielle, cle fat:on à c·e <1ue_chaeun 1·eçoi,·c en aq,rc>utl'éc1ui- -ralcnt cles p1·oduits de sou tt-arnil. Il est facile d'entrc'rnir le 1·ésultat ,l'une pareil If 01·f!anisatio11: chacun est libl'e <lett-aYaillet· et de to11somme1· it sa guise 011tout<' liberté; s<'ule l'exploitation cle l'homme pa,· l'homme est <leyenue impossil,l('., puisque l'éehan1,re n'a plus lieu qu'ent1·e l'indiYiclt1 et. l'Etat,et que la monnaie émise par l'J~tat, pom· payer les p1·oduits et pat· conséquent pl'Opo,-tionncllernent a la p1·oduction, lui retoul'lle par la consommation. Xous <leY<msajoutel' qu'une part de cette monnaie doit ët1·e préle-rée pom' les enfants, les Yieillards, les inflrmes, les femmes, comme un tribut payé pat' le t1'arnil a tous les incapables de t1·a-rail. Si l'auteur faiblit dans la partie économique il 1·ecleYient,on traitant le mensonge matl'imonial, le satirique p1·ol'ond et plein de yene, qui flagelle cle.ses mordantes vérités l'état social act.uel. "' Le mensonge des institutions sociales, dit-il, a empoisonné la Yie sexuelle. Le mariage moderne, particulièrement dans les classes 35

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