La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

CONTRIBUTION A L'IIISTOIRE DE LA PROPHIÉTÉ FONCIÈTIE 5:m Pharsale, où il analyse magisti-alement les phénomènes qui précédèrent, accompagnèeent et suiYit·ent la chute de la République, jl flétrit énergiquement la geande propt·iété qui ne nounit que ses maîtres. C'est elle qui, dans toute l'Italie, a remplacé les anciens citoyens par des mendiants prèts a acclamei· quiconque lem· fera l'aumône d'un peu de pain : , .... Tune loogos jangere fines Agrorum, et quondam duro sulcata Camilli Vomere, et antiquos Curiorum passa ligones Longa sub ignotis cxtendere rura colonis, (V. Luc. Phars., v.175 et rniv.) Pendant toute la durée de l'empire romain, le sol de nt.alie appartint à nn petit nombre de maîtres. Ils en tiraient des reyenus que la statistique n'a pas sotrrnnt enr·egistl'és depuis. Mais la masse de la population était plongée dans une pt·ofonde misère . .Lespetits pl'Opl'iétaires et ?es fermÏers avaient disparu, et leurs <lescen<lants pom·arent a peine gagner sur les terres d'autrui, Iinécs a quelques esclayes, de quoi ne pas mourit- de faim. 1400 àns se sont écoulés-depuis la chute de l'empire romainr et fülllS ,·oyons le mème phénomène économir1ue se reproduire <lans la même contrée. « Les latifünclia, dit )I. Césai- de Paepe, !la:ns sa « Société nouYelle, Yont.-ils per<fre une seconde fois l'Itafie? Le:-; 1< chiffres fourni.· pat· l'enquête italienne snr la répat'titiou de fa « p1·oprrétédans la péoinsnle, semblent l'affirmer. En mème temps , ~ que fa grande propriété s·y reconstitue de plus en plus, nous y « trouvons le paysan de plus en pfus pann-e et obligé d'émigrer. « Les trois quarts du tenain productif de l'Italie appartiennent a « 626.836 grands- propriétaires; l'e reste du sol productif appartient « à 3.534.000 petits propriétaires dont presque la moitié paie moins « de 20 francs d'imp6t ..... Ces trois millions et <l'emi rle papans « possët1ent des lopins si petits qu'ils rre peu,ent e11 tiee-r clequoi « nourrie leurs familles. Ils-les ,encfent pom· potn-oir partir pou·r « quelque pays 1omtain. La grande· propriété, c'est-â-d'ire les ô/5 « drr sol productif, s'accroît a:in~itous les jours de ces pefils-lopi1ns « des émigrants, j'usqn'a ce que ces propTiétés mi'croscoprquessoient « absorbées par- les grandes propriétés· ou Iatifnndia. ,. Le reyenu net. du sol italüm a peut-être augmenté d'eptris un quart de siècle dans une proportion considérable : ra grande culture, résultat presque iné-f"ifabl'ede la grande proprrété, Jiécessite en effet peu de frais et permet de faire l'économie de nomP.n·euses journées de salaires. Mais Je re-venu lllrnt a dimrnrré, et c:haqtre·Jour Yoit empirer la cond'ïtion du plfYsarr de ra campagne romaine,. des Romagnes et de FEmi:lie.

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