538 LA REVUE SOCIALISTE cl'oxploitalion, 1l'un ault·e côté, étaient assez co nsiclét'ables. Lî nst itution clc l'esclarng:e existait bien; mais c'était l'csclaYage antique mitigé par le sc>mi-respect qu'éprounüenL le s Romains pou1· tlc:-1 hommes de mème nu;c, de mème langue et ,le même 1·cligion qu'eux. Les esclnxes étaient plus que des bèks de somme que l'on se contente de nourri l'; on les considé1·ait pl'esqu<' c·ommc des oun·iel 's 1·eceYant <leyé1·ilables salaii·es. Plus tard, les Romain:-- l'ri1·ent le g-oût des richesse;:; au contact des pruples opulents soumis à leur ,lomination et ils commc•nârP1it à écoute1· h•s conseils que l'aute111· du de re rustica ,lounr a ses contempol'ains. Caton était un mé<lioc1·c agronome, un 1rn-rnY,Üsmé<lcciu, un honrnw po litil1uP qui ne saYaiL pas toujours ôvitee le 1·illicule. Mais il raçhdnit ces <léiau(s pat· un manque <lesensibilité qui fait <lelui l'un cks p 1·écu1·spu1·sile l'(•cole chrématisliquc. Le fanwux mot clans lequel il assimile les bœ11fs aux esclan~s contient t'n ge1·me toute la tll6ol'ic cln fouds des salai1·cs. En cc r1ui concm·ne le lll<)(lcd't>xploi la.tiou de la prop1·il'lé foucièi-e, il ne cpssait de répét01· <1uc hi cullmc du blé étail uut>C'ulLnro ruineuse, qu'il iallniL an·achC'r les planta tions poue lC's 1·cmplacer pa,r des pùtul'ag-es ( Cicero, de o(ficiis, :!, :.?3,8ü. Plutarque. Calo Major. id. Columelle) : on fe1•ait ainsi l'économie clc nomb1·cuses joul'nées de tt·anül.Lc rcn'J,lu bnit foncie1· climinnc1·ait sans doute, le foin n:coUé sur 1111 acre <le tcne se Yendant beaucoup moius cher quo le blé récolté sul' la mème sud~t<;e; wais le 1•cyenn nd aup:m<.•nterait, et un propeiélail'C intelligent ne <lojt pas considérc 'i· aull·e chose. Les détenteurs du sol italien suiùrent <1uelque cinquautc ans plus ta1·d les conseils de Caton, sans ayoÜ· p1·obablemeut lu son line. On mit a feu les plantations, ne laissant llebout que le s oliYiers et les vignes dont on tit·ait de beaux 1•eycnus, g1•,icpà la destrnctiou, daus la Gaule Cisalpine et ailleurs, d e ton tes les c-ultul'cs similai1·es. L'Itê\lie centrale dcYint une suite pl 'esqnc>ininlenornpuc de pàtur,\ges où quelque::;eschwes faisaient paî ti-c dîtnmens<.•s troupeaux.. Les propriêlaircs s'em-ichireut; mais les paysans du Latium, de la Oarnpauie el de l'Et1·urie furent réduit s a l'état de m<•ndiants (1). Oc fut la cause principale de la clécaclence tlu peuple romain, et Lucain semble bien l'aYoü· comp1·is. Dans le premie1· liYt'e de la (il De Sismondi: Etiide s1ir l'économie politique, t. Il, p. 25 : « Il devint « absolument impossible aux petits propriétaires de se w.aintenir autour <le " Rome, et tout le reste des petits héritages fu t vendu aux riches. La dévasta- < tioo de l'agriculture s'éteuclit de proche en pl'oche. La vraie patrie des " Romains, l'Italie centrale, n'avait plus de pop ulation agricole. De rares pâtu- « rages, où quelques bel'gers esclave11conduisaient de:imilliers de bêtes à coro.es, « remplaçaieut les g,ations qui avaient appo1 té de nouveaux tri.omphe.i à la « République. »
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