La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

540 LA HEVUE SOCIALISTE Cettr ten,lanc:r des posse::-sem's clu sol a augmenter leur revenu net, en réd uisaut les charges ,le l'exploitation agricole, domine toute l'histoire économique de l'Angleterre. Dès le commencement ùu xy• siècle, les pùturages se substituent aux champs de blé ou de seigle ,les borcls <le la Manche a la côle septentrionale de l'Ecosse. La misère, rléja t1·è::-g1·ande,acr111it<lans les campagnes de l'île anglonormande un camctère cl'intolérablçi intensité : "Les moutons, dit. « Thomas Mot·ns clans ~on Utopie, sont rles animaux Yoraces qui « broutent les homm<'s comme l'herbe et ùéntstent à la fois la ca111- « pagne et la Yille. » Les 1·arnp:es,le la grande culture ne firent que s'étendre clans le cours <les siècles rninmts. On a souYent rappelé l'histoi1·e cle la duchesse de Sutherland. Celle-ci était propriétaire d'une pa1-tie de l'Ecosse, et ses ,lomaines, cultiYés en céréales, lui donnaient un l'CYenu bl'ut cl'enYiI'on 8000 liues steding, dont le salaire ù'ou- ,...iers agricoles de toute sorte absorbait vlus de la moitié. La duchesse s'a.-isa un beau jour d'un p1·océclé bien simple pour aug-- mcnte1· son reycnu net ..... Elle fit supprimet' toutes les cultul'es existant sue ses domai1.1es,où l'het·bc 1·ernplac;apal'lout l'o1·gc et le seigle. Il n'est pas besoin d'une bien grande intellige1.1ce po\ir fai1·e paitre ,les montons, et quelques enfants, payés un demi schelling par jour, peuYent s'ac-quittel' de ce soin au plus grall(l profit du maître qui les emploie. Le revenu brut de la ,luehesse rle Sutherland ,liminua sans doute, mais son reYenu n<:'t se trouya augmenté de plus ,l'un quart. Cr que nous anrns dit ,le l'Ecm;se, nous pourrions Ir 1li1·e<lela plus gt'àJHle partie ile l'Anµ:letel'l'c; bien heureux que l'hi8loi1·e 11enous oblige pas a em'<'gist.rer pou!' la France une semblable constatation. Citons en dernier lieu l'exemple de l'Andalousie. C't,tait, au temps des Antonins, une ,les }ll'OYinc('sles plus l'ichcs cle l'empire; 400 an8 plus tar,1, elle n'eut pas frop à se plainrlre <lesVandales, et, api·ès le 1x0 siècle, elle n'eût qu'à se loue1· cles l\Iaures. Le sol .r était entre les mains rie no111br(lux.propi-iétai1·es qui 111>u1TissaientRlll' leur~ champs des centaine::- <le milliers ,le fermie1•, et d·ouHie1•g agricoles de toute sorte. Après la con11uètc <le Grena<le par Ferdinand et. Isabelle la Catholique, la gran,le culture se substitua à la 1ietitc dans toute l'Espagne méridionale et les püturages remplacè1·ent les champs <leblé. Voici en 11uels termes ~I. Elisée Reclus raconte cette transformation : « L'An<lalousie est un pays clegranrle « culture. Les domaines princiers y abonilent et sont <levéritablrs « J'~tats.Au temps de la conquête sm· l<'sMaures, lo1·squele pouYoit· • royal, fort d'une longue h·adition et consolidé par la conquète, en « était anivé à tenfr les peuples en pal'fait mépris, les µ-rands sei- « gneurs castillans fir(lnt rlècouper le payR en immenses tlomaines,

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