La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

CONTnI0UTJON A L'HISTOl llE DE LA PROPllIÉTÉ FONCIÈRE 53î CONTRIBUTIOANL'HISTOIRE , , ' DE LA PROPRIETEFONCIERE (REVl<:~U llRUT ET REVENU NET). On désigne par l'expression <lerevenu net <le la propriété foncière, la portion tlu pt·oduit total qui, déduction faite de celle qui sert à counir les frais et les charges de la prorluction, demeure libre entre les mains du propriétaire et constitue un excédent. Il semble résulter de cett.edéfinition que la science sociale n'ait pas à se préoccuper du revenu brut. Un critique d'art, appréciant une statue, se soucie-t-il du bloc de marbre dont elle a été tirée? Ne faut-il pas, autant que possible, isoler par la pensée les divers facteurs de la p1·otluction de la valeur que celle-ci peut engenrlrer? N'envisager en un mot (lans le travail humain que l'excédent qu'il laisse, c'est-à-dire le revenu net? Nous n'admettons pas ce point de vue d'une école qui fait de la science économique la science des richesses dans le sens le plus étroit de ce mot. Sismondi fut suetout un historien, mais il eut toujours une conception fort élevée de ce que doit être l'économie politique, et il a protesté en formes énergiques contre la tendance de certains écrirnins à la confondre avec la chrérnatistique. La première de ces deux sciences considère surtout dans les richesses le bien-être qu'elles procurent. La seconde e:'-tobjective par excellence; elle se bol'lle à faire en éçus et en pièces d'or l'évaluation du travail humain, secondé par le travail de la nature. Adam Smith, et après lui de nombreux économistes, parmi lesquels nous trouvons J. B. Say (1) ont proclamé les avantages que retire un pays de l'élévation de son revenu brut foncier. Montrons, par quelques exemples empruntés à l'histoire, la justesse de leur point de nie. Au temps de Caton l'Ancien, l'Italie centrale était, malgré l'accaparement d'une partie de l'ager publicus, un pays de petite propriété où dominait la culture des céréales. Le revenu brut qu'obtenaient les détenteurs du sol atteignait un chiffre élevé; les frais (1) « C'est à bon droit, dit J. B. Say qu'à ne considérel' que les intérêts natio- « naux, Smith fait cas d'un gros revenu brut, c'est-à-dire d'une grande masse « d'utilité produite, On ne devrait parler de revenu.net que lorsqu'il est ques- « tion des intérêts d'un particulier par opposition à ceux d'un autre. • 35

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