LE SOCIALISME EN ESPAGNE 517 encot'e. En cette. circonstance s'affirme pour la première fois l'union 1·épublicaine latine. Dans les 1·angs des nobles insm·gés espagnols on Yit c-ornbatfre les plus Yaillanb !les libé1·anx.italiens etfrnnçais: la fraternité celto-latinc qui ,lYait ses 01·ganismes clans la chai·bonnei·ic, scella ainsi le pacte du cléyoucrnent mutuel, en yeesant il flots le sang tle s<!shél-os et de ses martp- sui· les chamvs de bataille de la liberté des peuples et de l'es1iét·ancc républicaine. Le peuple espagnol, très pratique dans son enthou iasrne, profita ,le l'occasion poui· aboli1· l'(.'YOlutionnait·en1ent et déflnitiYement cette fois l'abominable tribunal (le l'Inquisition, - que les Bourbon.· aYaient L'établi apeès le départ !les F1·an<_:ais-. La pensée put enfin êt1·e libre. Depuis cette époque, malgeé la défaite <le:-;libét·aux. pai· l'armée boudJounienne de la Saintc-.\.lliance et malgi·é le supplice de Riego, la libe1'tè politique n'a jamais étè complètement yaincue en Espagne et le socialisme, qui appol'tl' à la libel'lé son complément (l'égalité et de justice, n'a pas cessé d'y comptet· des 1ial'lisans. En 1828, l'éminent économiste Aln1.1·0Flo1·ès Estt·ada peofessa, clans son Traité d'~conomie politique, des opinions 1·éCo1·mistesqui pet·mettent 110le ranger pai-n1i les socialistes modéeés. « Il faut, disait-il, s'occnpei· de l'acct"Oissem0nt de la production tles 1·ichesses; mais il ra.ut les répadir équitablement, ces richesses, Gai· ce n'est que pat· l'aisance et lïnsü·nction qu'on élèrnt·a le peuple ». Estl'ada alla plus loin: il contesl.a la légitimité de t.oute pro1wiété llui n'est pas le reuit du frayai! et il conclut que la prnp1·iété du sol tlewait ètre Yiagère et non héreditaire; c'était c1u saint-simonisme authentique. Pen apt·ès, c·est-à-11it·e en 18:3G,Joachim Abt'eu, l'un des clouzc députés qui ayaient YOte,it SéYillc, en 18:23,la déchéance de l'ignoble Fcnlinarnl YII, p1·opageait ourndemont 011Espag·11eles cloct1·ines communistes. Un peu plus ial'<1,Manuel Sngt·acçio clc Bela,r i-éunit 5 millions pour fondel' un phalanstère sm· le modèle de ceux. de Fouriee. !vraisEsparteeo <kclat·a qu'il « ne souffrirait jamais d'expériences socialistes, eu Espag-ne n et les phalanstél'iens espagnols durent se 1·ésigner. Ce fait indique suffisamment aYec quel acharnement furent combattues, dans la Péninsule, toutes les idées et toutes les tentafrrns cle1·éformeséconomiques. Mais la Yérité et la justice, loi'squo les temps sont mùrs, ont une puiss:tnce propre, et les théo1·ies socialistes ne pm·ent être étouffées par le fanfaron protecteur militai t'e d'Isabelle IL La pensée socialiste se déYeloppa clone malgré Yent et marée. et en 1847, le socialisme aYait de nomb1·.cuxrept'ésentants. Des partisans ardents, des théoriciens comaincus tlorissaient-a Madrid,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==