La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

516 LA REVUE SOCIALISTE pité le lendemain a Yillaflor. Arn1it <lernom·il'il enrnya à sa f0mme, Dona :Ma1·iaPacheco, les reliques qu'il portait au cou, et écriYiL sa farneusr lettre ù la yj] le <1eToli><le: « _\. loi, la couronne <le l'Es- « pagne cl la lumiè1·e clumonclC'; à, toi, qui fus libre clèsle tC'mps<les « Crolhset qui as yersé ton sang 11ourassure1· la liberté et celle <les « cités Yoisines, ton fils légitime, Juan <lePa<lilla, te fait snxoir « que, par le sang cle son corps, tes ancienne· Yictoires rnnt êl1·c « rar1·aichies et renouYelées, etc. « La 1·é<luctionclcla Castille cnfraînn: celle <letoutes les proYinces 1·én>Hées » (~Iichelct : Précis de l'Ilistoiremoderne). La vicloi1·e <leCha.des-Quint fut la Yicloi1·c <léfiniLin du rlespotismc et <ln clé1·icalismc, deux fléaux. mortels. La clécadC'nce fut d'autant plus profon<le et l'asservissement <l'autant plus complet. et plus durable qu'ils eurent pour _confrepoi<ls la p1·6pondéeance miliü1.i1·c<le l'Espagne en Europe et los 1·ichesses 1lu I ouvcau ThionclC' 1·éccrnment <lé<:ouycJ't.Pendant que l'Espagne, entiè1·ement cléricalisée pm· le fristr Philippe II,était clownuC' le foye1·<lucatholicisme le plus intol(,nmt et lC'plus rét1·ogea<lC'l,a malheul'euse Amé1·i<1ue espagnole <''lait linée officiellement i1. la soldatesque aYentm·iè1·c cL au clergé catholique, c'est-a-cli1·c au pillage, au massacre C't i1. l'abnrlissernenl, pcn1lant <lessiècles. On piétina pendant tn·ès <le trois sii>c!C'cslans ces ténèbrm,, clans cc sang oLdans c0s c1·iines. Cc n'est que 280 ans 11lustai·<l que Charles III, le seul (les Bourbons <l'Espagne c1uiait ya]u quelque chose, pc1·rnità. son rninislt·c Campomanès d'élallore1· quelques timides 1wojds de 1-éfol'lne(1777). Ce ne fut pas poul' longtemps. Comme il 0n asait été de Pombal en Portugal, <leTut·got en F1·ance, Campomanès et ses amis furent renYe1·sés pai· une intl'igue <le cour et <le nouyeau tout se tut clans les Etats de Sa Majc. té Catholique. Yint l'im,1-sion française; la fierté espagnole se souleYa, et ayec un héroïsme qu'on aclmil·erait sans résene, s'il avait été plus éclai1·é et n ·avait pas si facilement accepté l'alliance des moines obscurantistes et <lesAnglais spoliatem·s. Néanmoins ce patriotisme, malgré les armées de Junot, <le Murat, de Joseph Bonaparte, de Napoléon lui-même, fornla l'in<lépen<lance nationale et, clans les Cortes libres <le 1812, inaugura le libéralisme modcme, par le vote de la Constitution dite de 1812 (1). Mais la Fl'ance Yaincue, les Bourbons l'eYiennent et, en 1820, nous trouvons les hé1·os de 1812 tl'ansfo1·més en insurgés et l'Cnforcés par les exaltados de la Société démocratique, appelée Tra_qala perro (moed-le-chien), du refrain d'une chanson populaire. Un moment Yainqueurs, ils imposent une constitution plus libérale (1) Voit· Ibstoire du Socialisme;(Derveaux, éditeur), tome quatrième.

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