LE SOCIALISME EN ESPAGNE 515 emvortèrent dans leur défaite l'admiration de l'histoire. l\Iichelet leur a consacré une pag;e a<lmi1·a])lc,et que l'on rel ira ayec. fruit : « Charles-Quint prit le titre de rni sans attenrlre l'm·eu des Cortès. Il convoqua celle cle üasiille <lans un coin de la Galicie, demanda son second subside ayant qu'on eût payé le premier; l'arracha par la fo1·ceon la corruption, et p::ll'tit pour p1·ernli·c possession de la couronne impfriale, sans s'inc1uiéte1·s'il lais:--ait1me rérnlution dCt·- rière lui. 'l'olè1le ayait refusé d'e1wo:rer à ses Cortès; SégoYie et Zamom mit'cnt à mort leni-s députés; ci telle était l'ho1·1·em·qu'ils inspii-aient, <1uepe1·sonne ne Youlait piller leu es 'maisons, m se souiller du bien <lestraifrcs. « Cependant l'in:--unection se <léYeloppait et gagnait toute rEspagne. La Castille et la Galicie entièees, Mmcie et la plnpaPt des Yillcs de Léon et tle l'J~!"tt-amaclure, étaient soulcYées. La rérnltc n'était pas moins furieuse à \'alence, mais elle ayait 'Un caractèi·e cliffércnt. Les habitants antient juré une Ilermandad confre les nobles, et Charles, mécontent de la noblesse, aYait eu l'impr11dcnce de la conflm1er: Majo1·queimita l'exemple de Valence et Youlut se livrer aux Franc;ais. Dans les 1leux l'Oyamnes, <lestondeu1·s ,le drap ·étaient à la tète de l'Hermanr:lad (frn.t.emi(é populaii-c). « D'abo1·<1l,es Com,muneros cle la Castille s·empa1'è1·ent de Tar- <lésil!as, où rési<1ait la rnèr0 de <'harle,;-Quint, et fü0nt tous les actes au nom de cette princesse. Mais leurs succès dm·èrent peu. Ils ayaient dema]l(k <lans leurs romonti'anc<'s que les te1Tes rles nobles fussent soumises aux imp,îts. La noblesse ahan1lon11a un 1fa1•tidont la Yidoi1·0 lui cùt été 1wéju1liciable. Les Yilles mèrnes n'étaient point. d'accord enh'e clics. La Yicillc rirnliü, de Buqi:os et de Tolède se réYeilla; la p1·cmièl'Cse soumit au roi qui lui assurait la franchise c1eses marchés. Les Communeros <lh·is6s n',:n-aient plus d'espoil· que dans le secours <le!'armée française qui aYait mwahi la Nanw1·c. l\Iais ayant cl'aYoit·pu opérer leur jonction avec elle, ils furent atteints par les ll:ales ci entièrement défaits (1325). « Don Juan de Padilla, le héros de la Révolution (1) chercha la mort dans les rang ennemis; il fui démonté, blessé, pris et cléca- « Michelet. d'une foule de marchar.ds et d'industriels, entassés dans de riches " cités .. ; des ::tgriculteurs paisibles, occupés dans leurs délicieuses vallées « (outre le travail agricole) du soin des müriers et du t1·a,·ail de la soie. Ainsi « florissait dans ln Péninsule ibérique une nation heureuse, vive et ingénieuse, « qui ne respirait que la musique et la danse (aussi les sciences, les arts, le « travail, l'industrie et le commerce),qui recherchait des vétements éclatants et « qui parait jusqu'à ses tombeaui-. » (B. Ma!un: Manuel d'économie sociale. » (1) Il ne fut pas le seul, et nous de\'ons mettre, parmi beaucoup d'autres, à côté de lui, Pedro de Giron qui, méconten~ de CharlP,s-Quint, lui déclara en foce qu'il renonçait à son obéissance et s'en alla demander un commandement aux Communeros. ;
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