La Revue socialiste - 1889- Tome IX - vol.01

512 LA REVUE SOCIALISTE Reconnaissez que les fonctionnaires intellectuels ne sont pas du même orclre que les fonctionnaires matèriels. Je ne peux pas rétablir l'opposition antique entre le pouYoirspiriturl et le pouyoir temporal, mais! 'Educateur doit être libre sous la domination de la science; le soldat ou le douanier doit obéir à sa loi, à sa discipline propre; leur liberté n'est pas de même ordre que celle <u1 l)Cnsem·;les aut.i·es aptitudes s'acquièrent; les autres fonctions penYent être 1·emplies pa1· tous. - Or, les f<,nctions sociales que tous peuyent accomplir àxec un peu de préparation, ne doivent pas 1·ester des spécialités : la conscn·ption sociale doit y !airn passer chacun, pendant un temps déterminé afin que chacun paye son impôt de travail social. Mais la médecine des cerveaux, comme la médecine des corps, comme la médecine des machines (ingénieurs), exige des aptitudes et des connaissances spéciales que tou::;ne peuvent possé<lc1·. Il faut donc qu'un corps spécial exerce ces fo11,ctions; mais ce corps ne doit pas êti·e placé en dehors de sa 'Jie civile; il faut qu'il exerce complètement l'une des fonctions sociales; et cette fonction clc l'Educa.teur (comme celle tlu politique), c'est <lepréparer, d'accomplir, d'aider à accomplir l'évolution sociale; c'est d'ètrn le prètrn <lu progrès, le tuteur des changemcnb, le pilote yei•s le mieux, le Yulgarisatem· des œunes du génie et .<les<lécouYe1·tedse l'in-rnnteur; d'être l'artiste et le technicirn du saYant. Tout cc qui s'oppose à l'accomplissement <lecette mission : <lroits acquis, lois, règlements, mœurs, <loitêtre mo(lifîé ou b1,isé. Il faut préparel' l'opinion publique à compl'Cll(h'ecc point <leYue et à en voir réalisel' l'application. Quant a l'objecLion qu'il peut être <langereux <lelancer une armée de réformateurs sur le tc1·rain <les réformes; qu'ils ])Olll'l'Onste tromper, entraîner le pays dans <les expériences facheuses, et toutes autres raisons de trembleurs, (le conservateurs bornés et cleréactionnaires, a ces objections la réponse est facile. D'abord nous avons dit 300 à GC0,000exceptions : ce ne seront donc pas les p1·emiei·sYenus. Ils am·ont suiYi <les Cours de jugement et sauront distiguer les l'éfo1wcs applicables des réformes prématurées. Ils attendront le consensus des intelligents et les épreuves tentées pa1·les initiateurs; ils aul'ont à se tenir au courant des objectiom;et ùes obstacles; n'étant pas inventeurs mais propagateurs ils ne commenccrnnt l'application <l'uneréforme qu'a bon escient; d'ailleurs ils de,-ront convaincre le public de la bonté de la réforme, ils n'aurnnt pas ni le pouvoir, ni la force pour l'imposer; ils pourront l'e~saycr peut-être dans leur école et y prépare1· les élèves; mais il dc-rront longtemps prêcher les adultes avant que ceux-ci soient convaincus. Enfin il existe une Science des Réformes qui est celle de l'Évolu-

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